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L'Iran réagit avec prudence à la réélection de Barack Obama

07/11/2012 06:40 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

Un haut responsable iranien a mis en garde mercredi contre tout espoir que la réélection du président américain Barack Obama facilite une normalisation des relations entre Washington et Téhéran, sans fermer la porte à des négociations directes.

"Il y a quatre ans, Obama est arrivé (au pouvoir) avec le slogan du changement et il a affirmé qu'il tendait la main à l'Iran, mais dans la pratique il a imposé les sanctions les plus dures contre l'Iran", a rappelé le chef du pouvoir judiciaire, l'ayatollah Sadegh Larijani, dans un communiqué constituant la première réaction officielle iranienne à la réélection du président américain.

"Les relations avec les Etats-Unis ne sont pas simples", a relevé l'ayatollah Larijani, proche du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, et personnalité influente du courant religieux conservateur au pouvoir en Iran.

"Après tant de pressions et de crimes contre le peuple iranien, il est impossible de rétablir ces relations en une nuit. Les Américains ne doivent pas croire qu'ils pourront obtenir des concessions du peuple iranien en venant à la table des négociations", a-t-il ajouté.

De son côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a déclaré que "La République islamique respectait le vote des Américains" tout en ajoutant que le "mur de méfiance ne peut être réduit que si le gouvernement américain respecte la volonté et les droits du peuple iranien et change ses politiques erronées du passé", selon l'agence Fars.

"L'opinion publique des pays musulmans et du Proche Orient attend toujours la concrétisation des promesses de changement du président américain" il y a quatre ans, a-t-il ajouté.

L'un des frères de Sadegh Larijani, qui est aussi son conseiller pour les affaires internationales, Mohammad Javad Larijani, a réaffirmé de son côté que "négocier avec les Etats-Unis n'est pas un tabou", mais que toute décision de renouer un contact direct interrompu depuis 33 ans "est une prérogative du guide suprême" et doit s'inscrire dans une "logique politique".

"Si l'intérêt du régime l'exige, nous sommes prêts à négocier avec Satan au fin fond de l'enfer", a ajouté Mohammad Javad Larijani dans des propos rapportés par l'agence Isna.

Les Etats-Unis et l'Iran ont rompu leurs relations après la prise d'otage de 55 diplomates de l'ambassade américaine à Téhéran par des militants islamistes en novembre 1979, quelques mois après la révolution ayant amené l'ayatollah Ruhollah Khomeini au pouvoir.

Depuis, les Etats-Unis, qualifiés officiellement de "grand Satan" par le régime iranien et vilipendés rituellement dans la plupart des discours et manifestations officielles, n'ont jamais renoué de contact bilatéral officiel public avec Téhéran.

Des responsables des deux pays affirment régulièrement que le sujet n'est pas tabou, mais l'Iran a toujours refusé jusqu'à présent de se lancer dans de telles négociations.

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