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07/11/2012 04:13 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

L'Irak exclut une compagnie turque d'un contrat d'exploration énergétique

Le gouvernement irakien a exclu la compagnie turque TPAO d'un important contrat d'exploration énergétique, ultime manifestation des relations houleuses depuis plusieurs mois entre Bagdad et Ankara.

"Pour des raisons qui ne sont pas d'ordre technique et qui ne relèvent ni de ma responsabilité, ni de celle de mon service, la compagnie turque TPAO a été exclue du consortium" du Bloc 9, a déclaré Abdel Mehdi al-Amidi, chef des services chargés d'attribuer les contrats, en référence à un bloc d'exploration attribué en mai à un consortium composé de Kuwait Energy, TPAO et Dragon Oil.

"Cette décision est sans appel, (le gouvernement) refuse de signer le contrat", a-t-il souligné, précisant que la décision émanait du conseil des ministres.

Le Bloc 9, un territoire de 900 km2 dans le sud du pays à proximité de la frontière iranienne, avait été attribué fin mai lors d'enchères publiques à un consortium composé de Kuwait energy (40%), du groupe turc TPAO (30%) et du groupe émirati Dragon Oil (30%).

Le contrat permet la vente des actions d'une compagnie aux autres, d'où la possibilité que "Kuwait Energy obtienne la part turque, et le nouveau consortium pourrait être détenu à 70% par le Koweït et 30% par Dragon Oil", a précisé M. Amidi.

Le consortium avait accepté d'être rémunéré sur une base fixe et non sur la base de contrats de partage de production. Pour le Bloc 9, le consortium sera ainsi rémunéré 6,24 dollars par baril.

M. Amidi n'a pas donné d'explication sur les raisons de l'exclusion de TPAO, mais cette décision intervient alors que les relations entre Bagdad et Ankara sont au plus bas en raison du refus de la Turquie d'extrader le vice-président irakien sunnite Tarek al-Hachémi, condamné à mort par contumace dans son pays.

De plus, Bagdad avait protesté officiellement en août contre une visite du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmed Davutoglu, qui s'était rendu à Kirkouk (nord de l'Irak), sans prévenir le pouvoir central à Bagdad.

Et les deux pays s'opposent sur la réponse à apporter au conflit qui ensanglante la Syrie, leur voisin commun. Ankara a joint sa voix aux pays arabes et occidentaux réclamant le départ du président Bachar al-Assad, tandis que le gouvernement du chiite Nouri al-Maliki préfère insister sur une résolution pacifique du conflit.

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