NOUVELLES
07/11/2012 02:09 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Les jeunes en délire devant la Maison Blanche, célébrant leur "rock star"

Après une longue journée de vote, d'attente et de suspense, Dion Norris, 22 ans, explose de joie mardi soir et sautille vers la Maison Blanche, répétant à l'envi, "Je suis si content, tellement content!"

Ce jeune noir américain fait partie de centaines, voire de milliers de jeunes de tous horizons venus bruyamment célébrer la réélection du président Barack Obama, du "frère" ('bro'), pendant que les voitures passent en klaxonnant triomphalement.

"J'avais l'impression que cette fois, il y avait plus d'enjeux pour la jeunesse et pour les minorités: on avait beaucoup à perdre", témoigne Angelica Mercado, jeune hispanique de 18 ans, qui votait pour la première fois mardi.

"Quand Obama a eu l'Ohio, on s'est dit, +ça y est, c'est fait+. On a pleuré, on a crié, on était fous de joie", glisse Melanie Levy, 22 ans, aux côtés de Dion. Celui-ci explique: "Obama incarne le rêve américain". Encore une fois.

L'aura de "rock star" de Barack Obama semble intacte quatre ans après son élection historique en 2008, à en croire cette foule de jeunes en liesse, hurlant "USA, USA!" et grimpant aux arbres devant la résidence présidentielle, bien vide à l'heure où la famille Obama célèbre sa victoire à Chicago.

Pour Miranda Houchins, étudiante de 18 ans, les cheveux enrubannés dans un foulard représentant le drapeau américain, "c'est plus important cette fois en raison de la réforme de la santé, que Romney aurait tenté de supprimer, et pour protéger le droit à l'avortement". Miranda espère voir durant le prochain et dernier mandat de Barack Obama "plus pour la santé, plus pour les droits des homosexuels", et "la poursuite du chemin" vers une économie plus dynamique.

L'air plus placide au milieu des cris qui enflammaient l'avenue Pennsylvania et le square Lafayette, Caroline Winslow, 25 ans, se dit "soulagée". "C'était plus inquiétant cette année, car c'était très serré".

"Il y a quatre ans, c'était un vote idéaliste. Aujourd'hui, c'est plus concret car ses politiques ont une chance d'avoir un effet sur le long terme", poursuit-elle. Comme de nombreux jeunes bravant le froid, jusqu'à ne plus le sentir du tout (les manteaux servant surtout à être brandis et agités en l'air), elle évoque "les droits des femmes", "la santé", "les programmes sociaux", "l'économie".

Quelques pancartes réclament aussi de l'action pour l'environnement.

Si la foule doit avoir en moyenne entre 18 et 25 ans, quelques "sages" sont là pour tempérer, tout en savourant. "Je suis très content mais la dernière fois était plus historique", confie Chuck Reece, 41 ans, technicien audio-visuel se disant "pas du tout surpris du résultat".

Casie Yoder, "aînée" de 29 ans, se dit elle aussi moins euphorique qu'en 2008. "J'avais explosé en larmes à l'époque, mais c'est quand même enthousiasmant. Je n'étais juste pas très surprise, disons prudemment optimiste".

La portée historique a fait place cette fois à une envie d'"aller de l'avant", explique Josef Najm, 18 ans.

Aux yeux de Dion, malade d'un double cancer et comptant fortement sur les politiques de santé des démocrates, le souvenir semble déjà loin de ce candidat qui "n'aimait ni les femmes, ni les gays, ni qui que ce soit ne gagnant pas un million de dollars", alias Mitt Romney, rival républicain d'Obama.

A chaque élection, une foule plus ou moins impressionnante se rassemble devant cet édifice symbolique construit fin 19e. En dépit des cris et du défilé incessant arrivant de toutes parts, "ce n'est pas l'affluence qu'il y avait pour (la mort de) Ben Laden, mais ça me suffit", jaugeait un jeune homme dans l'oreille d'une amie, évoquant l'un des épisodes les plus marquants au crédit de Barack Obama.

lor/lb

PLUS:afp