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07/11/2012 08:25 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

Le Goncourt attribué à Jérôme Ferrari et le Renaudot à Scholastique Mukasonga

PARIS - Le prix Goncourt a été attribué mercredi, au deuxième tour de scrutin, à Jérôme Ferrari pour «Le sermon sur la chute de Rome», publié chez Actes Sud.

Sélectionné pour plusieurs récompenses littéraires, Jérôme Ferrari, dont c'est le cinquième roman, a été préféré par cinq voix contre quatre à Patrick Deville et son «Peste & Choléra», publié aux Éditions du Seuil.

Au restaurant Drouant à Paris, le secrétaire général du Goncourt Didier Decoin a annoncé que l'auteur, sélectionné pour plusieurs prix littéraires, l'avait emporté au deuxième tour de scrutin.

C'est «une grande grande joie», a déclaré Jérôme Ferrari, arrivé le matin même d'Abou Dhabi, où il enseigne la philosophie. «C'est la consécration d'un travail d'équipe avec la maison d'édition. Cela ne concerne pas que moi, c'est cela qui rend la joie si intense.»

Dans «Le sermon sur la chute de Rome», inspiré d'une citation de Saint Augustin, Jérôme Ferrari campe ses personnages dans un bar reculé de Corse, loin de l'agitation de la côte. Un lieu qui mute sous l'impulsion de ces deux nouveaux gérants, des professeurs de philosophie revenus vivre sur l'île de Beauté.

Fidèles aux enseignements de Leibniz, ils souhaitent transformer ce modeste débit de boissons en «meilleur des mondes possibles», mais il va s'avérer le théâtre de leurs désillusions et échecs.

«Je voulais raconter l'histoire d'un bar corse et de sa déchéance sous l'horizon d'une réflexion un peu plus vaste sur la fin des choses, celle de Saint Augustin», a expliqué l'auteur âgé de 44 ans.

«Le tout, ce n'est pas simplement de raconter une histoire. Je fonctionne souvent en mettant en relation des éléments qui s'éclairent l'un l'autre alors qu'ils semblent être un peu éloignés», a précisé le lauréat du Goncourt 2012, récompensé par un chèque symbolique de dix euros.

Une surprise pour le Renaudot

Créant la surprise, la romancière rwandaise Scholastique Mukasonga, a décroché le prix Renaudot pour «Notre-Dame du Nil» (Gallimard), qui ne figurait pas dans la dernière sélection officielle du prix, avec six voix au dixième tour de scrutin. Valessis Alexakis et Philippe Djian (également exclu de la dernière sélection) ont aussi obtenu des voix, a précisé le président du prix Renaudot Georges-Olivier Châteaureynaud.

Rescapée du génocide rwandais contrairement à sa famille, Scholastique Mukasonga, réfugiée dans le Calvados, s'est inspirée de sa propre histoire dans ce roman.

Dans le lycée Notre-Dame du Nil, situé dans la montagne rwandaise, près des sources du grand fleuve, des jeunes filles ont été placées par leur famille pour les éloigner des tentations de la capitale, et notamment préserver leur virginité en vue d'un mariage arrangé. Les transgressions menacent au coeur de cette puissante et belle nature où, par ailleurs, un rigoureux quota limite à 10 pour cent le nombre des élèves tutsis, résume l'éditeur.

Enfin, le Renaudot Essai a été attribué à Franck Maubert pour «Le Dernier Modèle» (Mille et une Nuits), qui dresse le portrait de Caroline, dernier modèle et amour du sculpteur Alberto Giacometti, dans la première moitié des années 1960.

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