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07/11/2012 10:48 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

Le Conseil national syrien choisit une direction plus représentative

Le Conseil national syrien (CNS) élisait mercredi à Doha une nouvelle direction plus représentative, pour se rendre en position de force à une réunion cruciale, en présence de représentants internationaux, visant à unifier l'opposition syrienne.

Cette réunion se tient à Doha jeudi à l'initiative de la Ligue arabe et du Qatar, pour tenter de fédérer les groupes d'opposants au régime de Bachar Al-Assad, le soulèvement populaire déclenché il y a 20 mois s'étant transformé en une guerre sanglante dont les lignes de front s'enlisent.

Dans un grand hôtel de la capitale du Qatar, quelque 400 délégués du CNS ont choisi parmi 29 listes représentant différents groupes politiques, allant des laïcs aux Frères musulmans, ainsi que des minorités, des tribus et différentes régions syriennes. Les militants de l'intérieur ont voté par internet.

Un secrétariat général de 40 membres devra à son tour choisir un président pour remplacer Abdel Basset Seyda, un Kurde nommé en juin à la tête du CNS, principale coalition de l'opposition syrienne. Son nom sera annoncé jeudi matin, a déclaré à la presse M. Seyda.

Ces élections couronnent le processus d'élargissement du CNS entamé dimanche à Doha, en vertu duquel 200 nouveaux membres ont rejoint le comité général, formé désormais de 400 membres dont un tiers représentent les acteurs du soulèvement à l'intérieur de la Syrie.

"Le CNS a prouvé qu'il était la force principale de l'opposition syrienne et qu'il en représente tous les courants", a affirmé M. Seyda, soulignant que le CNS regroupait désormais "32 formations révolutionnaires oeuvrant sur le terrain en Syrie, et 24 blocs politiques".

Rapidement considéré par la communauté internationale comme un "interlocuteur légitime" après sa création officielle en octobre 2011, le CNS a ensuite été vivement critiqué pour son manque de représentativité.

La semaine dernière, l'administration américaine a estimé qu'il ne pouvait plus représenter l'opposition, en particulier en raison de son manque d'ouverture aux opposants syriens de l'intérieur.

Le CNS a exprimé mercredi l'espoir que la crise syrienne figurerait en tête des priorités du président réélu Barack Obama, et que l'administration américaine aurait une attitude plus "sérieuse et responsable" selon les termes de M. Seyda.

Une délégation du CNS s'est entretenue mardi soir à Doha avec Beth Jones, secrétaire d'Etat adjoint américaine pour le Proche-Orient, notamment au sujet de l'initiative de l'opposant Riad Seif, soutenue par les Etats-Unis, qui doit être débattue lors de la réunion de jeudi.

M. Seif, lui-même membre du CNS, a présenté mardi soir son initiative à cette coalition lors d'une réunion à huis clos, qui a connu des débats houleux, selon des participants, la plupart des membres du CNS s'y opposant.

Riad Seif propose la création d'une nouvelle instance rassemblant les différentes composantes de l'opposition, baptisée "Comité de l'initiative nationale syrienne", et d'un gouvernement en exil.

"Mon initiative ne vise pas à se substituer au CNS", a assuré à l'AFP M. Seif.

Le CNS a rendu publique mercredi soir sa propre initiative pour fédérer l'opposition, préconisant "la tenue dans les territoires libérés d'un congrès national de 300 membres -- dont des représentants du CNS, des comités locaux administrant les zones libérées, des personnalités ayant fait défection, et de l'Armée syrienne libre".

"Un gouvernement de transition serait ensuite proclamé, à condition de recevoir des garanties d'une reconnaissance internationale", d'après le texte de l'initiative.

Des représentants des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France, de la Turquie et d'autres partenaires internationaux doivent participer à la réunion de jeudi.

Le ministre d'Etat qatari aux Affaires étrangères, Khaled Al-Attiya, a appelé mercredi soir l'opposition syrienne à s'unifier et le CNS à "jouer un rôle efficace" lors de la réunion de jeudi.

Le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi, a renchéri: "Il est important d'unifier les points de vue de l'opposition, d'autant plus que tout le monde sait que le régime en Syrie ne restera pas longtemps" au pouvoir.

at/cnp

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