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07/11/2012 04:16 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

La Turquie discute avec l'Otan du déploiement de missiles Patriot

La Turquie discute avec l'Otan d'un éventuel déploiement de batteries de missiles sol-air et antimissiles Patriot sur son sol, en pleine aggravation du conflit chez le voisin syrien, a annoncé mercredi le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu.

Interrogé par des journalistes turcs lors d'un déplacement à Bruxelles sur l'existence de telles discussions avec l'Alliance atlantique, M. Davutoglu a répondu : "Dans le cadre de la préparation aux éventualités, tout est discuté", a rapporté l'agence de presse Anatolie.

Soulignant que la mission de l'Otan était d'assurer la protection de tous ses membres, il a jugé normal que des mesures de défense contre tous types de risques soient discutées.

Un conseiller de M. Davutoglu a cependant démenti des propos attribués au ministre par la télévision NTV selon lesquels "l'Otan s'apprête à donner des systèmes Patriot à la Turquie". M. Davutoglu était à Bruxelles pour y rencontrer des responsables de l'UE.

Interrogé auparavant par l'AFP, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Selçuk Ünal avait confirmé des pourparlers sur un tel déploiement. "Cette question (des Patriot) arrive également à l'ordre du jour dans le cadre de délibérations, de préparatifs et de la planification d'urgence sur la sécurité de la Turquie et des territoires de l'Otan", a déclaré M. Ünal.

En déplacement en Indonésie, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, cité par Anatolie, a toutefois indiqué qu'"aucune requête n'avait jusque-là été déposée". Un responsable de l'Otan à Bruxelles a également souligné: "A ce point, nous ne sommes pas au courant d'une quelconque requête de la Turquie".

Le quotidien turc Milliyet a fait état mercredi de discussions entre la Turquie et les Etats-Unis concernant l'éventuel déploiement de missiles Patriot en Turquie, le long de la frontière syrienne, pour imposer une zone d'interdiction de survol de 60 km de profondeur en territoire syrien.

L'objectif serait d'empêcher les bombardements par l'aviation syrienne des villes et villages situés entre la frontière turque et la ville syrienne d'Alep (nord).

Le département d'Etat a reconnu que Washington discutait depuis "des mois" avec Ankara et l'Otan de "l'appui défensif dont la Turquie pourrait avoir besoin". "Au jour d'aujourd'hui, nous n'avons pas reçu de requête formelle de l'Otan, mais vous savez que dans le passé nous avons soutenu la Turquie avec des Patriot", a indiqué la porte-parole Victoria Nuland, en allusion à la guerre du Golfe en 1991 et celle en Irak en 2003.

La Turquie a renforcé ces derniers mois son dispositif de sécurité à la frontière syrienne, y déployant des chars et des batteries de missiles antiaériens à courte portée.

Le conflit en Syrie a entraîné des tirs d'obus syriens sur la Turquie, l'un d'eux ayant tué cinq villageois turcs le 3 octobre.

Le soir même, la Turquie, membre de l'Otan, obtenait à Bruxelles la convocation d'une réunion d'urgence de l'Alliance, au cours de laquelle les participants avaient condamné "avec force" cet "acte agressif" syrien.

Depuis cet incident, l'artillerie turque riposte à chaque fois.

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, avait, quant à lui, souligné le 10 octobre que "la Turquie pouvait compter sur (la) solidarité" de ses alliés.

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