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07/11/2012 10:46 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

La France ne pourra pas réduire son déficit public à 3% du PIB en 2013 et 2014

PARIS - La croissance française sera de 0,4 pour cent en 2013 et de 1,2 pour cent en 2014, des chiffres trop faibles pour abaisser le déficit public à l'objectif de trois pour cent du produit intérieur brut (PIB) sur ces deux années, a indiqué mercredi la Commission européenne.

D'après Bruxelles, le déficit public de la France s'élèvera à 3,5 pour cent du PIB en 2013 et en 2014. Il devrait être conforme aux objectifs, à 4,5 pour cent du PIB en 2012. Le gouvernement français table sur une croissance de 0,8 pour cent et un déficit public de 3 pour cent en 2013.

Selon Le Monde, cependant, la Commission ne devrait pas envoyer d'«avertissement précoce» au gouvernement français. Mais n'exclut pas d'en adresser un au printemps si elle estime que la France ne pourra respecter ses engagements. Bruxelles attend la mise en application de la loi des finances 2013 avant de décider de sévir, a précisé le commissaire en charge des questions économiques et monétaires, Olli Rehn, lors de sa conférence de presse suivant la publication.

Si la Commission estime que la politique budgétaire adoptée par le gouvernement permettra de limiter une hausse des dépenses publiques, elle souligne cependant que la faible croissance attendue aura un impact négatif sur le niveau de déficit.

«La différence avec les objectifs officiels provient essentiellement de différents scénarii, celui utilisé par ces prévisions étant moins bienveillant», explique la Commission européenne. Le gouvernement français surestime la demande extérieure en 2013, a jugé M. Rehn.

Pour 2014, les prévisions fournies par Bruxelles (4,5 pour cent de déficit public) sont «à politique constante».

En 2012, la dette publique française devrait s'élever à 90 pour cent. En légère amélioration par rapport à des dernières prévisions: en mai, la Commission européenne voyait la dette à 90,5 pour cent du PIB. Une situation qui ne va pas s'améliorer, selon Bruxelles. En 2013, elle devrait atteindre 92,7 pour cent du PIB, avant de s'élever à 93,8 pour cent en 2014.

La reprise en 2014

L'activité devrait faiblement se contracter au second semestre 2012, selon les prévisions de la Commission européenne, et «la reprise sera lente en 2013». La consommation des ménages devrait stagner en 2012 et diminuer de 0,1 pour cent en 2013, du fait du chômage et des hausses d'impôts. Or, c'est la demande intérieure qui tirera la croissance les deux années à venir, indiquent les prévisions européennes.

L'activité devrait repartir en 2014 selon Bruxelles. «La confiance devrait s'améliorer progressivement, à mesure que la crise des dettes souveraines de la zone euro devrait s'atténuer, et que le pays améliore ses comptes publics.» Le chômage, attendu à 10,2 pour cent à la fin de l'année par la Commission européenne, ne devrait pas diminuer ces deux prochaines années, et atteindre 10,7 pour cent en 2013 et 2014.

La Commission rejoint donc les prévisions du FMI, pour qui la croissance dans l'Hexagone ne dépassera pas les 0,4 pour cent l'an prochain. L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) est pour sa part encore plus pessimiste. Selon ses économistes, la croissance sera nulle en 2013, ce qui amènerait le déficit public à 3,5 pour cent et le chômage à plus de 11 pour cent d'ici la fin de l'année.

Pour 2012, le gouvernement espère une hausse du PIB de 0,3 pour cent, pour un déficit de 3,5 pour cent.

Le pacte pour la compétitivité va dans le bon sens

Interrogé sur le pacte pour la compétitivité et l'emploi, annoncé mardi par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, suite à la publication du rapport Gallois, Olli Rehn a salué «la décision importante prise par le gouvernement français d'envisager une réforme visant à restaurer la compétitivité économique française». «Nous sommes d'accord avec la nécessité de traiter aussi bien les questions de coût que les questions hors-coût.»

«Cette décision est en ligne avec les recommandations adressées à la France par le Conseil en juillet», a-t-il commenté. Il a cependant ajouté que les mesures n'étaient encore suffisamment détaillées pour que Bruxelles puisse en évaluer l'impact sur les finances publiques.

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