NOUVELLES
07/11/2012 03:13 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

La démolition prochaine de l'église Saint-Joseph fait des mécontents

Le clocher de l'église Saint-Joseph, dans le quartier Saint-Sauveur, sera démoli jeudi, ce qui soulève la colère de Marie-Ève Sévigny, présidente de l'organisme Promenade des écrivains.

Cette dernière se dit choquée par la disparition prochaine de cette église immortalisée dans l'oeuvre de l'écrivain québécois Roger Lemelin. L'inspiration du quartier Saint-Sauveur et de l'église Saint-Joseph est omniprésente dans ses écrits.

Pour Marie-Ève Sévigny, il ne s'agit pas seulement d'une église, mais d'un bien culturel important dans le quartier mythique de l'auteur des Plouffes. « Il y avait tout un monde ici qui gravitait, et à travers lequel Roger Lemelin a représenté les grandes phases historiques de la vie ouvrière à Québec », explique-t-elle.

Marie-Ève Sévigny ne peut concevoir que l'église sera bientôt démolie pour faire place à un projet d'immeuble à logements. Elle réclame de la Ville une politique claire pour la protection des bâtiments historiques comme l'église Saint-Joseph. « Elle a une valeur culturelle et oui, vous allez me retrouver sur votre chemin. Les promoteurs de Québec, si vous voulez transformer ma ville en Brossard, vous allez me retrouver », lance-t-elle.

Immeuble à condos

Le promoteur qui a acquis le bâtiment, Nicolas Paradis, a échoué dans sa tentative de le louer ou de lui donner une autre vocation. Il affirme que les années ont passé et comme il n'a pas pu obtenir de permis, il doit procéder à sa démolition. « Avec les années, le bâtiment est devenu désuet et le restaurer coûte beaucoup plus cher qu'à l'époque, parce qu'on n'a pas été capable de l'entretenir pendant toutes ces années », explique-t-il.

Depuis 1998, Nicolas Paradis a investi 75 000 $ dans la recherche de solutions pour préserver le bâtiment. Marie-Ève Sévigny ne comprend pas pourquoi il n'a reçu aucun soutien. « Ici, vous aviez un promoteur qui était motivé, qui voulait faire quelque chose, qui était conscient de la valeur de cette église-là et ça n'a pas fonctionné! La morale de cette histoire, bien il y a eu un problème ici », déplore-t-elle.

La Ville promet qu'une petite place sera aménagée à l'emplacement actuel du parvis pour rappeler qu'une église avait meublé le paysage à cet endroit pendant près de trois quarts de siècle.

PLUS: