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07/11/2012 02:28 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

Grèce: les parlementaires grecs subissent la pression de la rue

ATHÈNES, Grèce - Les parlementaires grecs étaient mercredi sous la pression de la rue, à Athènes. Le Parlement devait en effet s'apprêter à voter tard dans la soirée une nouvelle vague de mesures d'austérité, mais à l'extérieur de la Vouli, des manifestations contre ce plan de rigueur ont dégénéré donnant lieu à des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre.

Des manifestants massés sur la place Syntagma ont lancé des cocktails Molotov et des pierres contre la police qui a répliqué à l'aide de gaz lacrymogène, utilisant aussi pour la première fois depuis des années un canon à eau. À l'intérieur du Parlement héllénique, les législateurs ont interrompu le débat.

«Aujourd'hui, la Grèce doit confirmer sa nouvelle crédibilité» a déclaré le premier ministre Antonis Samaras. «Nous devons choisir entre rester dans la zone euro (...) ou revenir à la drachme.» «Aujourd'hui, notre gouvernement doit prendre une décision, la plus difficile de ces 37 dernières années», a poursuivi le chef du gouvernement. «La plupart de ces mesures sont justes et il aurait fallu les prendre il y a plusieurs années, sans que personne ne nous le demande.»

«D'autres mesures sont, elles, injustes, notamment les baisses de salaires», a-t-il reconnu en précisant malgré tout que le pays était obligé de les prendre.

Le principal parti d'opposition, la Coalition de la gauche radicale (Syriza), avait appelé les manifestants à encercler le Parlement lors du vote ce mercredi soir. «Les nouvelles mesures ne doivent pas passer, car elles transformeront le pays en désert financier et social», avait déclaré le parti dans un communiqué, ajoutant: «Ils nous ramèneront des décennies en arrière, sans médicaments ni système de santé public, sans écoles ni universités, sans avenir, avec des armées innombrables de personnes sans emploi, suicidaires et désespérées.»

L'exécutif dispose au Parlement d'une majorité de 176 sièges sur 300 mais la gauche démocratique (Dimar) a annoncé qu'elle voterait contre le texte. Avec les socialistes du PASOK, la Nouvelle Démocratie de M. Samaras contrôle tout de même 160 sièges, ce qui devrait permettre l'adoption de la loi.

L'Union européenne et le FMI ont suspendu au vote de cette loi le versement d'une tranche de 31,5 milliards d'euros de prêts promis au pays, qui sans cela, pourrait manquer d'argent dès le 16 novembre prochain.

Ces mesures pour 2013-2014, fortement impopulaires, prévoient des réductions des montants des retraites, des hausses d'impôts, le passage de la retraite de 65 ans à 67 ans et l'assouplissement des conditions de licenciement et de mutation pour les fonctionnaires. La Grèce, qui entre dans sa sixième année de récession, affiche un taux de chômage de 25 pour cent.

Mardi, Athènes avait levé 1,3 milliard d'euros en bons du Trésor à 26 semaines, à un taux de 4,41 pour cent.

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