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07/11/2012 04:51 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

Bourses mondiales: pas d'état de grâce pour Barack Obama

Les Bourses mondiales, inquiètes des perspectives économiques, n'ont pas laissé le moindre répit à Barack Obama, fraîchement réélu président des Etats-Unis, tant à New York, où Wall Street a dégringolé, qu'en Europe, où les places financières ont clôturé dans le rouge.

Après avoir salué la victoire d'Obama par une timide hausse, les Bourses européennes sont reparties à la baisse, accusant le coup après la publication de prévisions de croissance plutôt sombres pour l'Europe: Paris a perdu 1,99%, Francfort 1,96%, Londres 1,58%, Madrid 2,26% et Milan 2,50%.

"C'est un ensemble de facteurs qui pèsent sur le marché, dont les incertitudes à venir aux Etats-Unis sur le budget et la situation en zone euro", a commenté Renaud Murail, gérant chez Barclays Bourse.

Wall Street a aussi fait preuve d'une grande anxiété, trébuchant face aux craintes liées à la zone euro mais surtout face aux inquiétudes sur la capacité du président réélu et du nouveau Congrès à régler les problèmes budgétaires. Le Dow Jones a chuté de 2,36% et le Nasdaq, à dominante technologique, de 2,48%.

La tendance à la baisse "reflète sans doute l'idée répandue qu'il aurait été plus facile pour (le candidat républicain Mitt) Romney que pour Obama" de résoudre la question du "mur budgétaire", a relevé Christopher Low, de FTN Financial.

Les investisseurs attendent maintenant le président américain au tournant, espérant qu'il va parvenir à obtenir un compromis sur fond de divisions persistantes au Congrès, la Chambre des représentants restant acquise aux républicains alors que le Sénat demeure sous la coupe des alliés démocrates du président.

Faute d'accord entre les deux camps d'ici la fin de l'année, des coupes budgétaires et hausses d'impôts doivent en effet entrer automatiquement en vigueur pour réduire le déficit public américain, au risque de saper la fragile reprise économique et de mettre à mal une croissance mondiale encore convalescente.

L'inquiétude des investisseurs a été en outre attisée par la publication des prévisions économiques de la Commission européenne pour la zone euro.

"Bruxelles vient de confirmer nos craintes, en abaissant nettement ses perspectives. La conjoncture se dégrade à un rythme plus rapide qu'attendu. La croissance restera au point mort en 2013 dans l'ensemble de l'union monétaire, et l'Allemagne n'est plus épargnée par la morosité ambiante", a expliqué Alexandre Baradez, analyste chez Saxo Banque.

Selon la Commission européenne, la zone euro devrait sortir de la récession en 2013 mais la croissance restera au point mort (+0,1%) avant de repartir l'année suivante (+1,4%).

Au printemps, Bruxelles tablait encore sur un Produit intérieur brut (PIB) en hausse de 1% en zone euro l'an prochain.

Avant cette douche froide, les marchés européens et asiatiques avaient accueilli avec placidité la réélection de M. Obama face à son adversaire républicain Mitt Romney pour un nouveau mandat de quatre ans.

En Asie, Tokyo a terminé quasi stable, tout comme Shanghai, alors que Hong Kong a progressé de 0,71%.

Après un léger recul en début de journée en Asie et en Europe, le dollar reprenait de son côté du poil de la bête et s'affichait vers 21H25 GMT en nette progression face à l'euro, à 1,2768 dollar contre 1,2814 dollar mardi soir.

Pour Daniel So, stratégiste financier à SHK Financial, "une victoire d'Obama assure la continuité de la politique monétaire des Etats-Unis, qui va donc rester accommodante".

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