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07/11/2012 10:57 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

Barack Obama se prépare à un bras de fer avec la Chambre à majorité républicaine

WASHINGTON - À peine réélu, le président Barack Obama a déclaré aux Américains qu'il n'avait jamais été aussi optimiste. «Le meilleur est à venir», a-t-il affirmé dans son discours de victoire, en présentant les objectifs législatifs de son deuxième mandat: réformer le code des impôts, lutter contre le réchauffement climatique et réformer les lois sur l'immigration. «Pas si vite, monsieur le président», lui ont répondu les républicains, qui sont toujours majoritaires à la Chambre des représentants.

La victoire de Barack Obama, qui a réussi à se faire réélire pour un deuxième mandat malgré la persistance des difficultés économiques et le taux de chômage élevé, risque de s'assombrir rapidement.

Le rejet du candidat républicain Mitt Romney par les électeurs et l'inclinaison du parti vers sa frange la plus extrême vont probablement obliger une réévaluation de la stratégie des républicains. La base républicaine, principalement constituée d'hommes blancs, rétrécit, tandis que les États-Unis sont de plus en plus diversifiés ethniquement. La tendance montre que les Noirs, les hispanophones et les Asiatiques représenteront un jour la majorité des citoyens américains. Barack Obama a scellé sa victoire grâce à l'appui massif des minorités du pays.

La réélection du président permet néanmoins d'assurer que sa vaste réforme de l'assurance-maladie, le principal accomplissement de son premier mandat, sera mise en application tel que prévu. Le candidat républicain avait promis de démanteler la réforme s'il était élu à la présidence.

Barack Obama devrait aussi poursuivre son approche de partenariats multilatéraux sur la scène internationale, notamment dans la crise syrienne et dans la gestion de la menace posée par le programme nucléaire iranien. Mitt Romney estimait que cette stratégie était un signe de la faiblesse des États-Unis.

Avant même son investiture en janvier, Barack Obama devra faire face à la «falaise fiscale» («fiscal cliff»). Les démocrates devront trouver un compromis avec les républicains pour éviter une série de hausses automatiques d'impôts et de coupes budgétaires de 800 milliards $US en 2013. Les démocrates estiment que ces mesures pourraient replonger les États-Unis en récession.

Ces mesures ont été décidées par le Congrès l'an dernier après l'incapacité du gouvernement à trouver un accord pour réduire le déficit budgétaire et la dette nationale de plus de 16 000 milliards $US. La Maison-Blanche avait alors choisi de repousser le problème jusqu'au lendemain des élections du 6 novembre.

Lors de son discours de victoire à Chicago dans la nuit de mardi à mercredi, Barack Obama a anticipé la lutte à venir, en affirmant qu'elle «déchaînerait inévitablement les passions».

«Cela ne changera pas après cette soirée, et cela ne devrait pas changer», a-t-il dit. «Ces disputes que nous avons sont un signe de notre liberté.»

Le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, a rappelé aux Américains que son parti était toujours majoritaire à la chambre basse du Congrès.

M. Boehner a déclaré mercredi qu'il était ouvert à la possibilité d'augmenter les revenus du gouvernement, mais il a souligné que cela ne pourrait être fait en haussant les impôts des citoyens les plus riches, comme le veut le président Obama. Le leader de la majorité républicaine souhaite plutôt réduire les impôts de tous les Américains, une mesure qui stimulerait selon lui la reprise économique, tout en augmentant les recettes fiscales.

Mais le compromis semble encore loin. La position des républicains s'appuie sur la «théorie des effets de retombée» («trickle-down economics»), qui date de la présidence de Ronald Reagan. Selon cette théorie, des baisses d'impôts pour les entreprises et les riches bénéficieront aux plus pauvres en améliorant l'état général de l'économie.

«Les électeurs ont dit clairement que le président n'avait pas le mandat d'augmenter les impôts. Barack Obama a proposé des hausses d'impôts pour les ménages qui gagnent plus de 250 000 $ US par an, et c'est ce qui a tué tout espoir de compromis il y a un an», avait déclaré M. Boehner après l'annonce de la réélection du président mardi soir.

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