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Barack Obama réélu, les Etats-Unis font face au "mur budgétaire"

07/11/2012 04:42 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

Barack Obama réélu, les Etats-Unis restent face à plusieurs défis économiques majeurs, dont le premier reste d'assurer la viabilité de la reprise, encore fragile, de l'économie américaine en évitant le "mur budgétaire", brusque cure d'austérité annoncée pour janvier.

La situation de l'économie américaine est moins dramatique que lors de la présidentielle de novembre 2008, quand le pays était frappé de plein fouet par la récession, mais les attentes des Américains restent énormes.

Selon un sondage réalisé à la sortie des urnes mardi par la chaîne CNN, les questions d'ordres économiques ont déterminé le choix de 60% des votants.

La croissance économique (2,0% au troisième trimestre) reste trop faible pour permettre une baisse véritable du chômage. A 7,9% en octobre, celui-ci était supérieur à son niveau de janvier 2009 quand M. Obama a pris ses fonctions, et il ne tient pas compte de millions de chômeurs découragés, exclus des statistiques.

Tributaire du soutien exceptionnel de la banque centrale (Fed), le faible élan de la croissance est menacé par le "mur budgétaire", ensemble de hausses d'impôts et de baisses des dépenses publiques qui, sans accord exprès du Congrès d'ici à la fin de l'année, entreront en vigueur à partir de début janvier, risquant de faire rebasculer l'économie dans la récession.

Pour le Congrès, cette question est compliquée par la nécessité de relever le plafond de la dette publique au plus tard dans le courant du premier trimestre 2013 pour que l'Etat fédéral puisse continuer de fonctionner et ne se retrouve pas en défaut de paiement.

Le rapport de force au Capitole restant le même qu'avant les élections, le clan démocrate de M. Obama devra s'entendre avec les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants pour tâcher d'éviter la répétition des bévues de l'été 2011, où l'incapacité des deux bords à s'entendre avant la dernière minute avait valu aux Etats-Unis de perdre leur "triple A" auprès de l'agence de notation Standard and Poor's.

Les deux camps ont fait part de leur volonté de coopérer.

Un responsable de la Maison Blanche a indiqué que M. Obama avait joint par téléphone le président de la Chambre basse, John Boehner et qu'il avait réaffirmé auprès de lui "son engagement à trouver des solutions soutenues par les deux partis pour réduire (le) déficit de façon équilibrée, réduire les impôts de la classe moyenne et des PME, ainsi que créer des emplois".

M. Boehner a répondu que la majorité républicaine de la Chambre était prête à travailler avec le parti présidentiel en vue d'un "accord" sur "ce qui est bon pour notre pays", mais a affirmé que cela prendrait "des semaines de travail".

Pour Inna Mufteeva, économiste à la banque Natixis, le Congrès devrait s'entendre sur un "compromis" permettant d'éviter "en partie" le "mur budgétaire", mais que cette solution risque de n'être que "temporaire".

Elle repousserait au premier semestre 2013 la question plus globale de la maîtrise de la dette publique colossale des Etats-Unis (16.210 milliards de dollars) et de son corollaire: la réduction du déficit budgétaire.

Le président de la Fed, Ben Bernanke, exhorte depuis plus de deux ans les élus à s'entendre rapidement sur un plan crédible de retour à la viabilité des finances publiques, faute de quoi le pays risque de perdre, selon lui, de son dynamisme et de sa compétitivité.

L'agence de notation Fitch Ratings a rappelé mercredi qu'il y avait nécessité d'agir vite sur ces sujets afin de "soutenir la reprise économique et la confiance".

Sa concurrente Moody's a averti de son côté qu'elle pourrait priver les Etats-Unis de leur "Aaa" si les élus décidaient de repousser les véritables décisions sur les questions budgétaire au-delà du "début de l'année 2013".

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