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Barack Obama a visé le bon électorat dans sa campagne présidentielle

07/11/2012 01:56 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

WASHINGTON - Barack Obama et Mitt Romney ont fait des paris très différents sur les Américains qui se rendraient aux urnes cette année. Le président sortant s'est montré apparemment plus perspicace en misant sur un électorat reflétant la diversité d'un pays changeant, tandis que son adversaire républicain a recherché le soutien d'un électorat plus blanc et plus âgé, et a perdu.

Les jeunes électeurs, ainsi que les minorités, se sont rendus aux urnes à des niveaux proches de ceux sur lesquels M. Obama avait pu compter en 2008. Les républicains semblent avoir parié à tort sur un corps électoral plus monolithique qui les aurait conduits à la Maison-Blanche, et ils avaient tout misé sur cette hypothèse.

Le résultat a révélé un problème crucial pour les républicains: s'ils n'élargissent pas leur électorat, ils ne progresseront pas. Et cela présage des changements qui pourraient à terme leur faire perdre des États qui ont toujours été leurs bastions.

«Clairement, quand vous regardez les électeurs afro-américains et latinos, ils ont voté à une écrasante majorité pour le président», note Joe Stineman, un stratège républicain de l'Iowa. «Et c'est certainement une lacune qui va demander beaucoup d'attention des républicains.»

Le discours tenu par les électeurs interrogés dans le cadre des sondages réalisés à la sortie des urnes mardi a reflété la même tendance qu'il y a quatre ans, quand Barack Obama avait fait voler en éclats les barrières du vote des minorités et convaincu les jeunes électeurs d'aller voter d'une manière inédite pour un candidat à la présidentielle depuis plusieurs générations.

Les électeurs blancs ont représenté 72 pour cent de l'électorat de mardi, moins qu'il y a quatre ans, alors que l'électorat noir est resté stable, à 13 pour cent, les électeurs hispanophones passant pour leur part de 9 à 10 pour cent. Les républicains pensaient que les difficultés économiques de ces trois dernières années et l'absence de l'effet de nouveauté dont avait profité Barack Obama en 2008 conduiraient à éroder le soutien des électeurs noirs, peut-être suffisamment pour faire la différence dans une élection serrée.

«Les républicains disaient depuis des mois que le soutien des Noirs à Barack Obama diminuerait», remarque Paul Maslin, un enquêteur électoral du Parti démocrate. «Et que s'est-il passé? Quand les Afro-Américains ont eu l'occasion de le soutenir, ils sont venus en masse.»

Barack Obama s'est imposé en 2008 en remportant plusieurs États longtemps détenus par les républicains, dont la Caroline du Nord, la Virginie et l'Indiana. Si Mitt Romney a facilement raflé l'Indiana et enlevé de justesse la Caroline du Nord, le fait que le président sortant ait conservé la Virginie montre que le soutien dont il bénéficie dans cet État a résisté au contexte économique difficile.

Barack Obama a remporté tous les États où la lutte s'annonçait serrée, à l'exception de la Caroline du Nord, en allant chercher les électeurs qui votaient pour la première fois. Il a égalé son score obtenu auprès des jeunes en 2008, et a presque égalé celui qu'il avait enregistré auprès des personnes âgées.

En s'exprimant après sa victoire mardi, Barack Obama a salué toutes les couches de la population. «Cela ne fait rien si vous êtes Noir ou Blanc, jeune ou vieux, riche ou pauvre, bien portant ou handicapé, homosexuel ou hétérosexuel», a-t-il lancé à ses partisans rassemblés à Chicago. «Vous pouvez réussir si vous voulez bien vous en donner la peine.»

Mitt Romney ne s'est pas trompé seulement sur le vote des jeunes et des minorités. Il pensait aussi que les électeurs attribueraient la responsabilité de tous les problèmes économiques à Barack Obama, ce qui n'a pas été le cas.

Quand il s'en est rendu compte, tardivement dans la campagne, il a essayé de mettre l'accent sur les différences de vision de l'avenir entre les deux candidats. Le premier des trois débats, dans lequel il s'est montré brillant, a d'ailleurs donné un coup de fouet à sa campagne. Mais les stratèges républicains ont reconnu que Barack Obama engrangeait, tranquillement mais sûrement, davantage de soutiens.

L'économie a été citée comme première préoccupation par environ 60 pour cent des électeurs interrogés à la sortie des bureaux de vote mardi. Mais davantage d'électeurs ont dit que l'ancien président républicain George W. Bush était davantage responsable de la crise économique que Barack Obama après ses quatre ans passés au pouvoir.

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