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07/11/2012 02:08 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Au QG de Mitt Romney, l'immense déception des militants républicains

Traits figés, silence absolu: à l'annonce de la réélection de Barack Obama à la Maison Blanche, les militants de Mitt Romney à Boston, dans son fief du Massachusetts, n'ont pas caché leur immense déception, partagés sur les raisons d'une douloureuse défaite.

Quand le républicain entre sur scène, peu après avoir appelé Barack Obama pour concéder sa défaite, aucune musique ne l'accompagne.

"Paul et moi avons tout donné dans cette campagne", déclare le perdant à ses partisans, certains effondrés, d'autres éméchés: "J'aurais tant aimé répondre à votre espoir de faire changer de direction au pays, mais le pays a choisi un autre dirigeant, et Ann et moi vous demandons de prier en toute sincérité pour lui et le pays".

Plus tôt, quand les présentateurs de la chaîne Fox News annoncent que Barack Obama remporte l'Etat de l'Ohio (nord) et par conséquent la Maison Blanche, les centaines d'invités se figent face aux écrans qui diffusent des images du quartier général du président sortant à Chicago (nord), où la foule explose de joie.

Les visages fermés sont d'autant plus visibles que la salle du Centre de convention n'a pas fait le plein. Deux jeunes femmes se réconfortent. Trois jeunes militants en blazers se tapent sur les épaules et tournent les talons vers la sortie.

Holly Kasten est en larmes et met plusieurs secondes à répondre: pour elle, la campagne négative des démocrates explique la défaite: "Il a été décrit comme un grand méchant dès le début, on a caricaturé sa carrière dans le privé".

"Je suis évidemment déçu", dit tristement Frank, un contributeur du parti républicain de 50 ans. "On savait que ce serait serré".

D'autres ne prennent pas de pincettes pour critiquer directement leur candidat, qui n'avait réussi à s'imposer qu'après une longue bataille lors des primaires du parti. "On s'est pris une sacrée fessée!" admet Brad Marston, un consultant politique républicain.

Du haut de ses 27 ans, Joe Ryan estime qu'"on savait depuis le début qu'un candidat médiocre ne suffirait pas, mais on s'était rassemblés autour de lui malgré tout".

"Les conservateurs sont déjà en train de dire qu'il n'y avait pas assez de conservatisme" chez Romney, explique notamment le correspondant sur place de Fox News Carl Cameron sur son antenne.

Mais une analyse détaillée du vote pourrait aussi conduire les républicains à une autre conclusion, plus fondamentale. Selon les sondages de sorties d'urnes, 71% des électeurs hispaniques ont voté pour Barack Obama, quatre points de plus qu'en 2008.

"Il y a de grands changements qui traversent notre pays, et il faut que le parti républicain s'y adapte", recommande Norman Everett, 23 ans, qui prédit que le parti aura complètement changé à la prochaine présidentielle, en 2016, pour répondre aux aspirations des jeunes et des Américains d'origine hispanique.

Amers, plusieurs militants souhaitaient toutefois bonne chance au président mardi soir. La campagne a même rallumé les écrans géants pour diffuser le discours de victoire de Barack Obama, en écho à l'ultime appel de Mitt Romney à travailler au-dessus des partis.

Mais ils n'étaient qu'une poignée à être restés pour écouter le président réélu décrire les quatre prochaines années de son nouveau mandat.

ico/mdm

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