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Syrie: "informations crédibles" sur l'utilisation de bombes à sous-munitions (ONU)

06/11/2012 11:12 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Les forces gouvernementales syriennes font vraisemblablement usage de bombes à sous-munitions tandis que les rebelles disposeraient désormais d'armements plus perfectionnés, a indiqué mardi un haut responsable de l'ONU.

Le secrétaire général adjoint chargé des affaires politiques Jeffrey Feltman participait à une réunion à huis clos du Conseil de sécurité.

S'adressant ensuite à la presse, il a fait état d'"informations crédibles sur l'utilisation de bombes à sous-munitions (BASM) par le gouvernement" syrien.

L'ONG Human Rights Watch avait accusé l'armée de l'air syrienne de larguer des bombes à sous-munitions dans le nord de la Syrie, ce que Damas a démenti.

Les BASM, qui disséminent des engins explosifs sur une large surface, sont particulièrement meurtrières pour les civils, même longtemps après un conflit.

La Syrie n'a pas ratifié la Convention sur l'interdiction des BASM, adoptée par 107 Etats en 2008.

Selon les diplomates, M. Feltman a aussi indiqué que les rebelles "pourraient être en possession d'armements plus perfectionnés" depuis quelque temps, sans préciser lesquels.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé mardi que les rebelles possédaient 50 missiles anti-aériens portables Stinger.

L'escalade de la violence depuis l'échec du cessez-le-feu instauré pendant la fête musulmane de l'Aïd al-Adha "mènera la Syrie à sa perte", a affirmé M. Feltman à la presse. "Il faut passer de la logique militaire qui prévaut aujourd'hui (...) à un processus politique" porteur d'"un changement radical".

Le médiateur international Lakhdar Brahimi va poursuivre ses consultations et veut s'appuyer sur les principes pour une transition politique contenus dans l'accord-cadre de Genève de juin 2012, a expliqué M. Feltman.

Les signataires de l'accord divergent cependant sur son interprétation, Américains et Européens estimant qu'il ouvre la voie à l'ère "post-Bachar al-Assad", contrairement à Moscou et Pékin.

M. Brahimi devrait venir à New York "avant la fin du mois" de novembre pour informer le Conseil, a indiqué l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant.

"Nous espérons qu'il viendra avec quelques idées et quelques recommandations pour que le Conseil agisse car il n'est plus temps", a-t-il dit, de se contenter de déclarations de principe.

La Russie et la Chine, qui ont paralysé l'action du Conseil en usant de leur droit de veto pour protéger Damas, "ont une responsabilité particulière de faire cesser la violence" exercée par un régime qu'ils soutiennnent, a estimé l'ambassadeur.

Le conflit en Syrie menace de "déborder avec violence sur les pays voisins dans une région déjà instable", a aussi souligné M. Feltman, en référence aux incidents récents sur le plateau du Golan occupé par Israël.

L'ambassadeur israélien à l'ONU Ron Prosor a écrit mardi au Conseil pour se plaindre de ces incidents, dont l'incursion de trois chars syriens dans la zone démilitarisée entre les deux pays et des tirs des forces syriennes contre des opposants qui ont atteint un véhicule militare israélien. Le porte-parole de l'ONU Martin Nesirky a qualifié mardi ces incidents de "grave violation" de l'accord de désengagement de 1974.

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