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06/11/2012 08:56 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Syrie: attentats et raids aériens, Cameron pour une sortie sécurisée d'Assad

Le Premier ministre britannique David Cameron s'est dit mardi favorable à une sortie sécurisée du président Bachar al-Assad de Syrie si cela pouvait mettre fin à l'effusion de sang, les violences ayant redoublé d'intensité avec une multiplication des attentats et des raids.

"Certainement, je ne lui offre pas un plan de sortie en Grande-Bretagne, mais s'il veut partir, il pourrait partir, cela pourrait être arrangé", a déclaré M. Cameron à la chaîne satellitaire à capitaux saoudiens Al-Arabiya.

"Je suis (favorable à) tout pour voir cet homme quitter le pays et avoir une transition sûre en Syrie", a-t-il ajouté.

Une grande partie de l'opposition syrienne, actuellement réunie à Doha pour se restructurer, pose comme condition sine qua non à toute négociation un départ de M. Assad qui, lui, refuse catégoriquement d'envisager un départ et s'est dit à plusieurs reprises déterminé à écraser la rébellion.

De fait, son armée, dont l'aviation a l'entière maîtrise du ciel face à des rebelles équipés d'armes légères, semble décidée à mettre à profit cet atout, multipliant les raids aériens particulièrement meurtriers.

Les hommes à bord de ses hélicoptères, qui jusqu'alors tiraient à la mitrailleuse lourde, lâchent désormais sur des zones d'habitations des barils remplis d'explosifs.

Et le ballet de ses chasseurs-bombardiers s'est accéléré, notamment dans le nord-ouest, où l'un d'eux a tué lundi 22 civils dans la seule localité de Kafr Nabal, selon une ONG syrienne.

De leur côté, les rebelles, appuyés par des groupes islamistes, dont le Front Al-Nosra qui a connu une ascension fulgurante en Syrie, ont infligé de lourdes pertes aux forces pro-régime en recourant aux attentats.

Une voiture piégée conduite par un kamikaze d'Al-Nosra a ainsi tué lundi au moins 50 combattants pro-régime dans le centre du pays, tandis qu'une autre attaque à la bombe, non revendiquée, tuait 13 civils à Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Lundi, selon cette organisation, près de 250 personnes ont péri à travers le pays, dont une centaine de membres des forces pro-régime.

"Certains parlent du danger de voir la Syrie divisée (...) Je pense que le véritable risque n'est pas la partition mais la +somalisation+, avec un effondrement de l'Etat et l'émergence de milices et de factions armées", a affirmé l'émissaire international Lakhdar Brahimi, dans un entretien au journal panarabe Al-Hayat publié mardi.

De son côté, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, grand allié de Damas, a affirmé que les rebelles avaient "obtenu 50 missiles Stinger de l'extérieur pour frapper les avions de combat" du régime.

Les violences ont à nouveau fait mardi 41 morts, pour moitié des civils, selon un bilan provisoire de l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de médecins dans les hôpitaux civils et militaires. En près de 20 mois, plus de 36.000 morts ont péri en Syrie, selon l'OSDH.

Une voiture piégée a fait des blessés à Mouadamiya, près de Damas, et une autre a explosé dans la banlieue de Sayeda Zeinab, faisant des dégâts, tandis que l'aviation bombardait Douma, une autre banlieue, selon l'OSDH. Ces attentats n'ont pour le moment pas été revendiqués.

Damas, un temps éclipsée par l'ouverture fin juillet du front d'Alep (nord), est désormais au centre des combats.

Dans le sud de la capitale, le frère du chef du Parlement Jihad al-Laham a été assassiné par des "terroristes" à Midane, selon la télévision officielle.

Selon des analystes, le régime a réduit ses ambitions territoriales pour se concentrer sur Damas, le centre et le pays alaouite (nord-ouest), pour se maintenir sur ces positions et avoir une carte entre les mains lors des négociations.

Au Qatar, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, examine la création d'une nouvelle direction politique de l'opposition, proposée par un de ses vétérans, Riad Seif.

Pour tenter de reprendre l'initiative, le CNS a annoncé s'être élargi à 13 nouveaux groupes d'opposition, répondant aux critiques venues de Syrie et de pays étrangers l'accusant de manquer de représentativité.

Son chef, Abdel Basset Seyda, a averti que "si les massacres sauvages du régime se poursuivent, et que le communauté internationale persiste dans son attitude négative et incompréhensible", cela ne pouvait qu'encourager "les courants extrémistes".

Parallèlement, des opposants doivent se réunir jeudi, à l'appel de la Ligue arabe et du Qatar, pour se prononcer sur l'initiative de M. Seif qui propose la création d'une nouvelle instance chapeautant toute l'opposition.

Cet ancien député en exil veut ainsi "éviter un vide politique au moment de la chute du régime d'Assad" et "garantir une reconnaissance internationale".

bur-sbh/feb

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