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06/11/2012 03:41 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Pour un électeur en liesse, "qui gagne l'Ohio rentre à la Maison Blanche"

"Celui qui remporte l'Ohio rentre à la Maison Blanche": Reggie Young le sait, son bulletin est d'or dans cet Etat du nord particulièrement courtisé, où les deux candidats ont effectué d'innombrables déplacements pour s'y assurer la victoire.

A Highland Heights, en banlieue de Cleveland, c'est à Barack Obama que M. Young a donné sa voix.

"Cela peut sembler un peu désuet mais j'aime voter le jour-même de l'élection, j'aime venir de bonne heure, je veux être sûr que mon bulletin arrive dans l'urne", explique Reggie Young mardi matin peu après l'ouverture des bureaux de vote.

"Celui qui remporte l'Ohio rentre à la Maison Blanche, donc c'est très important pour moi de venir voter", affirme-t-il.

Le complexe système de vote pour l'élection présidentielle américaine fait que certains Etats, susceptibles de basculer dans un camp ou dans l'autre, prennent une importance disproportionnée.

Et c'est le cas de l'Ohio, avec ses 18 grands électeurs, un Etat du nord où les deux candidats Barack Obama et Mitt Romney ont tenu des dizaines de réunions publiques ces dernières semaines.

M. Romney et son colistier Paul Ryan, qui vraisemblablement ne pourront pas remporter l'élection sans une victoire dans l'Ohio, étaient d'ailleurs encore à Cleveland mardi midi, jour du scrutin, au même moment que le vice-président démocrate Joe Biden.

Reggie Young a discuté ces derniers jours avec ses amis de grands thèmes de campagne, comme l'avortement ou les droits des homosexuels, mais les enjeux économiques sont les plus importants pour lui.

"La région a été touchée, même si les emplois semblent revenir", dit-il.

Une bonne nouvelle pour Barack Obama, qui dispose d'une légère avance dans l'Etat selon les sondages.

Près d'1,8 million d'électeurs de l'Ohio ont voté en avance et il n'y avait pas beaucoup de files d'attente mardi matin devant les bureaux de vote.

Xamira Burgess n'a donc pas beaucoup attendu avant d'apporter sa voix, elle aussi, à Barack Obama. Elle souligne que les questions relatives aux droits des femmes ont été cruciales dans son choix.

"Je pense que nous avons le droit de disposer de notre corps, et personne n'a le droit de nous dire ce que nous devons faire", souligne-t-elle alors que les républicains pourraient modifier les lois sur l'avortement si Mitt Romney étaient élu.

De son côté, Dave Rossi a réussi ces dernières semaines à échapper aux dizaines de milliers de coups de téléphone passés par les équipes de campagne et par les instituts de sondage: il n'a pas de ligne fixe et son numéro de portable n'est pas référencé.

Il est venu voter avec ses enfants pour leur faire prendre conscience de l'importance que revêtent les bulletins des électeurs de l'Ohio: "J'ai senti qu'il était important de voter, aujourd'hui plus que jamais", dit M. Rossi, qui soutient Mitt Romney.

Sobhy Khalil, lui, voit arriver avec bénédiction le jour du scrutin: le harcèlement téléphonique dont il a fait l'objet va enfin cesser. "C'était très énervant tous ces coups de fil", soupire-t-il.

Mais malgré toute la mobilisation des équipes de campagne, certains électeurs arrivent dans les bureaux de vote encore indécis, à l'image d'Ariel Travis. Il pense soutenir Barack Obama, sans conviction.

"C'est un choix difficile pour moi, je n'ai envie de supporter aucun des deux principaux candidats, le système politique est tellement corrompu... Je vais quand même voter pour Obama parce que le programme de Mitt Romney est catastrophique pour l'environnement", conclut-il.

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