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06/11/2012 03:56 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Mali : le groupe armé islamiste Ansar Dine rejette le « terrorisme »

La stratégie diplomatique d'Alger, qui consistait à maintenir le contact avec Ansar Dine et le dissocier d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), semble porter ses fruits.

En effet, la délégation d'Ansar Dine, un des groupes armés qui occupent le nord du Mali, a proclamé qu'elle rejetait « le terrorisme ».

« Ansar Dine rejette toute forme d'extrémisme et de terrorisme et s'engage à lutter contre la criminalité transfrontalière organisée », indique une déclaration lue par un membre de la délégation du groupe présente à Ouagadougou depuis le 2 novembre et reçue par le président burkinabé Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne pour la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Une source algérienne affirmait samedi qu'Ansar Dine allait prendre ses distances publiquement avec l'Aqmi et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). La même source précisait que le groupe armé allait accepter le jeu de la « démocratie ».

Ces fuites de la source algérienne ont été confirmées par la déclaration d'Ansar Dine.

Le mouvement a appelé également à ouvrir sans délai un « dialogue politique inclusif », à l'adresse des autorités maliennes de transition comme des autres groupes armés.

Il s'est engagé à « un arrêt total des hostilités » et a appelé « l'ensemble des mouvements armés » à suivre son exemple.

« Un problème vieux de 49 ans »

Dans une entrevue donnée au journal algérien Al-Khabar lundi, le porte-parole d'Ansar Dine, Sanda Ould Bouamama, a affirmé que « la solution viendra de l'Algérie ».

M. Ould Bouamama a rejeté le qualificatif de « terroriste » attribué à son groupe. Selon lui, « la résistance est décrite comme telle ».

« Quand l'occident veut délégitimer une partie des musulmans, il la qualifie de terroriste », a-t-il ajouté.

Le représentant d'Ansar Dine souhaite qu'une « solution radicale » soit trouvée à « un problème qui perdure depuis 49 ans », qui est celui « de la marginalisation d'une région et d'un peuple ».

« Le peuple de la région n'avait même pas le droit de vivre comme des animaux », a-t-il dénoncé.

L'offensive se prépare aussi

Pendant ce temps, des chefs d'état-major ouest-africains étaient réunis à Bamako pour étudier le plan d'opération d'une force armée chargée de reconquérir le nord du Mali, qui est aux mains des groupes islamistes armés.

Une fois approuvé par les dirigeants politiques africains, le plan sera transmis avant le 26 novembre au Conseil de sécurité de l'ONU, qui avait voté le 12 octobre une résolution donnant à la CEDEAO 45 jours pour préciser ses plans.

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