Insomnie: On fait le point sur les causes et les effets sur la santé

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INSOMNIA
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(Les informations contenues dans cet article nous proviennent du livre Le Sommeil et vous, mieux dormir, mieux vivre par Diane B. Boivin)

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LES FACTEURS DE RISQUE

Plusieurs facteurs de risque prédisposent aux troubles du sommeil, les plus importants étant l’âge et le sexe. Les plaintes d’insomnie sont plus fréquentes chez les personnes âgées. De 15 à 50 % environ de la population âgée en serait affectée.

Chez les jeunes adultes, les troubles de l’endormissement sont plus fréquents, alors que les gens âgés souffrent surtout de difficulté à rester endormis. Ces cas différents d’insomnie selon la catégorie d’âge sont en lien avec les changements du cycle veille-sommeil qui surviennent naturellement au cours de la vie. On l’a vu, les adolescents ont tendance à vivre à des heures décalées par rapport à l’ensemble de la population, se couchant et se levant naturellement plus tard. Au sortir de cette période, un nombre important de jeunes adultes maintiennent cette tendance au point que leur horaire de sommeil devient un problème dans leur vie scolaire et professionnelle. (...)

Les patients âgés risquent davantage de développer le trouble des rythmes circadiens appelé désordre d’avance de phase de sommeil, un malaise rarement rapporté avant la quarantaine. Cela dit, les changements du sommeil observés au fil du vieillissement sont plus complexes qu’une simple tendance exagérée à devenir un sujet du matin. Dans les cas de désordre d’avance de phase de sommeil, les rythmes circadiens de température corporelle et de sécrétion de mélatonine des patients sont devancés de plusieurs heures comparativement à ceux de bons dormeurs du même âge. Il faut alors pouvoir distinguer ce trouble précis d’une dépression, un état qui se manifeste aussi par des réveils matinaux précoces.

Les femmes sont deux fois plus à risque que les hommes de souffrir d’insomnie. Des différences dans l’exposition aux hormones sexuelles (œstrogènes, progestérone et testostérone) pourraient être en cause.
Les patients souffrant de troubles psychologiques et psychiatriques comme la dépression, la maladie affective bipolaire, l’anxiété chronique, le trouble dysphorique prémenstruel et la schizophrénie sont également à risque. Ces maladies sont décrites plus en détail au chapitre 6.

DE SAINES HABITUDES DE VIE FONT LA DIFFÉRENCE
Les personnes qui ont adopté de mauvaises habitudes de vie – consommation excessive d’alcool, de boissons caféinées, de drogues de rue – sont aussi particulièrement à risque. Prendre quelques verres de vin ou quelques bières en soirée peut favoriser l’endormissement, mais le sommeil qui suit est souvent de qualité moindre, agité et plus bref, surtout si la consommation a été importante.

Pour sa part, la caféine contrecarre l’effet des récepteurs d’adénosine, un neurotransmetteur qui favorise le sommeil. La consommation en matinée de café, de thé ou de boissons énergisantes peut aider à combattre la fatigue. Par contre, en après-midi et en soirée, ces substances risquent d’entraver l’endormissement. On suggère fortement de limiter leur consommation et de les éviter après l’heure du lunch. Les drogues de rue de type ecstasy, prisées par les adeptes des raves, ont un effet très prononcé et perturbateur sur l’organisation interne du sommeil.

LES MALADIES CHRONIQUES QUI AUGMENTENT LES RISQUES
Plusieurs maladies chroniques augmentent le risque de souffrir d’insomnie. C’est le cas de maladies comme l’asthme, dont les symptômes s’aggravent au cours de la nuit. Il existe également des maladies qui rendent le maintien de la posture couchée plus difficile, comme l’insuffisance cardiaque, à cause de la congestion pulmonaire que la position couchée occasionne, et le reflux gastro-œsophagien, dont les reflux et les sensations de brûlement sont plus marqués en position couchée, surtout lorsqu’on se couche l’estomac plein. Certains problèmes de santé perturbent eux aussi le sommeil, dont l’arthrite, avec ses douleurs qui réveillent le patient la nuit. Dans d’autres cas, ce sont les médicaments employés pour traiter les patients qui perturbent le sommeil. On parle alors d’insomnie iatrogénique, en d’autres mots liée au traitement médical. (...)

LES IMPACTS À LONG TERME DE L’INSOMNIE
Il est maintenant clair que l’insomnie persistante est associée à un risque accru d’être atteint de nombreux problèmes de santé, en particulier des troubles de santé mentale (chapitre 6). Dans 40 % des cas, l’insomnie précède de plusieurs années l’apparition d’une dépression majeure, mais la relation entre l’insomnie et la santé mentale est généralement bidirectionnelle.

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