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06/11/2012 10:50 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Les Américains divisés choisissent Obama

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Barack Obama n'a peut-être pas été porté par la vague d'espoir qu'il avait suscitée en 2008, mais il aura tout de même remporté son pari d'obtenir un second mandat. Si lui et son adversaire républicain Mitt Romney se sont partagé le vote populaire, récoltant chacun 49 % des appuis, le président sortant a dépassé le seuil des 270 grands électeurs dont il avait besoin pour signer une seconde victoire.

Il a jusqu'ici à son actif 303 grands électeurs contre 203 pour celui qui aspirait à prendre sa place.

Romney, dont l'ambition présidentielle qu'il caressait depuis des années vient de se briser, a été incapable de triompher d'un président dont la réforme de la santé a été impopulaire et qu'une frange de l'électorat rend responsable d'une reprise de l'économie jugée trop fragile.

Au-delà de la mathématique électorale, l'élection a cependant révélé une fois de plus une population divisée.

En outre, le contrôle que continueront d'exercer les républicains sur la Chambre des représentants l'empêchera d'avoir les coudées aussi franches qu'il le voudrait pour accomplir son programme politique.

Mitt Romney a téléphoné au président Obama pour concéder la victoire.

Obama remporte les États pivots

Même si la carte électorale s'est rapidement parée de rouge, couleur des républicains, le président sortant a remporté le vote populaire dans les États qui faisaient une différence.

L'un après l'autre, plusieurs des États dont l'issue était incertaine sont tombés dans son giron: New Hampshire, Iowa, Wisconsin (dont Paul Ryan, le colistier de Mitt Romney, est un des représentants), Ohio, Colorado, Nevada et Virginie. Il a également conservé la Pennsylvanie, un État à tendance démocrate que certains observateurs disaient menacés par le camp Romney.

Il a aussi remporté l'Illinois, dont il a été sénateur, que le Massachusetts, dont son rival a déjà été gouverneur, ainsi que New York et la Californie, deux des des géants en termes de grands électeurs.

Dans l'ensemble le président sortant a recueilli l'appui des électeurs du nord-est du pays et des États du Pacifique, tandis que son rival a rallié les électeurs du sud-est, du Midwest et du sud.

Romney a notamment raflé le Texas, un des autres poids lourds de cette course et tous les autres bastions républicains. Il n'a réussi qu'à gagner un seul État pivot, la Caroline du Nord.

Jusqu'ici, seuls l'Indiana et la Caroline du Nord ont changé de couleur, basculant dans le camp républicain.

Alors que le scrutin se poursuit en Alaska, les bureaux de vote sont maintenant fermés dans le reste du pays. Le seul autre État en jeu est la Floride, où la lutte est encore trop serrée pour que soit déclaré un vainqueur.

Pas moins de 30 millions d'Américains avaient déjà voté par anticipation.

États où Obama est déclaré gagnant :

Californie (55), Washington (12), Hawaï (4), Connecticut (7), Delaware (3), Washington D.C. (3), Illinois (20), Maryland (10), Massachusetts (11), Rhode Island (4), Maine (3 sur 4), Vermont (3), Delaware (3), Michigan (16), New York (29), New Jersey (14), New Hampshire (4), Minnesota (10), Wisconsin (10), Nouveau Mexique (5), Iowa (6), Oregon (7), Nevada (6), Virginie (13), Colorado (9)

États où Romney est déclaré gagnant :

Kentucky (8), Indiana (11), Virginie-Occidentale (5), Caroline du Sud (9), Oklahoma (7), Georgie (16), Arkansas (6), Tennessee (11), Alabama (9), Kansas (6), Louisiane (8), Nebraska (3 sur 5), Dakota du Nord (3), Dakota du Sud (3), Texas (38), Mississippi (6), Wyoming (3), Utah (6), Arizona (11), Idaho (4), Caroline du Nord (15), Missouri (10)

En 2008, un peu plus de 131 millions d'Américains avaient voté, et Barack Obama avait récolté l'appui de 365 des 538 grands électeurs.

Un nouveau Congrès

Les électeurs votaient en outre aux élections législatives. Ils devaient ainsi renouveler l'ensemble de la Chambre des représentants (435 sièges) et le tiers du Sénat (33 sièges), déterminant du coup les forces législatives avec lesquelles le chef de l'exécutif devra composer jusqu'aux élections de mi-mandat de 2014.

Le scrutin fédéral était aussi doublé dans certains cas d'autres votes au niveau des États. Onze postes de gouverneur et 6000 sièges d'assemblée dans des États étaient aussi en jeu, tout comme une panoplie de postes électifs, comme ceux de shérifs, de juges ou, même, en Floride, de commissaire au contrôle des moustiques.

Qui plus est, les électeurs de 38 États avaient à se prononcer sur un assortiment hétéroclite de référendums, 174 en tout, portant sur des questions aussi diverses que la fiscalité des particuliers, le droit de consommer du cannabis et l'interdiction de financer les interruptions volontaires de grossesse avec les fonds publics, ou encore la légalisation du mariage entre conjoints de même sexe.

Pour me joindre :

sophie-helene.lebeuf@radio-canada.ca

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