DIVERTISSEMENT
06/11/2012 02:22 EST | Actualisé 06/11/2012 02:24 EST

«Le Prénom», en avant-première au Cinéma Excentris à Montréal, est à l'affiche jusqu'au 16 novembre (VIDÉO)

Marie-Josée Roy

La pièce de théâtre française Le Prénom, adaptée au Québec dans les derniers mois par le groupe Juste pour rire et le metteur en scène Serge Denoncourt, fait aujourd’hui l’objet d’un long-métrage qui sera à l’affiche le 16 novembre prochain. Lundi soir se tenait, au Cinéma Excentris, l’avant-première du film, précédée d’un tapis rouge.

Réalisée et scénarisée par Mathieu Delaporte et Alexandre de la Patellière, le même duo qui l’avait imaginée en 2010, l’œuvre cinématographique met en vedette Patrick Bruel, Valérie Benguigui, Charles Berling, Guillaume de Tonquédec et Judith El Zein, qui étaient tous de la première vie du Prénom sur les planches.

Puisque les membres de la distribution ne pouvaient être à Montréal pour dévoiler le fruit de leur travail, on avait demandé aux acteurs de la mouture d’ici (Christian Bégin, Catherine-Anne Toupin, Patrice Robitaille et Gabriel Sabourin) d’être présents, lundi, pour s’adresser aux médias et échanger quelques mots avec le public venu visionner la comédie.

Basée sur une prémisse rigolote («Un enfant, c’est le début du bonheur, un prénom, c’est le début des emmerdes»), la pièce Le Prénom raconte l’histoire de Vincent, un quadragénaire qui s’apprête à devenir père pour la première fois. Invité à souper chez sa sœur Élisabeth et son beau-frère Pierre, Vincent causera tout un émoi autour de la table lorsqu’il annoncera le prénom qu’il compte attribuer à son rejeton.

En désaccord avec son choix, les convives ne se gêneront pas pour exprimer haut et fort leurs récriminations, ce qui engendrera un joyeux chaos qui dégénérera en un amusant règlement de comptes.

«C’est une œuvre qui porte sur la difficulté qu’on a à accepter la façon de vivre des autres», a expliqué Patrice Robitaille, qui défendait au théâtre le rôle assumé par Patrick Bruel au grand écran. «On est parfois bousculés. Dans la vie, on fait des choix, et on a parfois besoin de valider ces choix en dénigrant ceux des autres.»

«Je trouve que c’est une pièce qui parle d’éthique», a de son coté estimé Christian Bégin. «Le prénom, dans la pièce, soulève tout un débat éthique et moral, parce qu’il est lourd de sens. Il transporte une histoire.»

Gabriel Sabourin a abondé dans le même sens, soutenant que Le Prénom se veut en quelque sorte une critique sociale.

«C’est un peu l’opposition des classes sociales, la droite contre la gauche, l’originalité et le standard qui se confrontent. Mais ça ne paraît pas, parce que les auteurs sont très habiles. On en rit, parce qu’on reconnaît des gens de notre entourage dans ces personnages-là.»

En France, Le Prénom est sorti dans les salles de cinéma en avril dernier. Le film vient tout juste de se voir décerner le Grand Prix Hydro-Québec, une distinction octroyée par le public lors de la 31e édition du Festival de cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, qui se tenait du 27 octobre au 1er novembre. La version québécoise de la pièce reprendra pour sa part du service quelque part en 2013; des rumeurs de tournée flottent dans l’air, mais rien n’a encore été confirmé officiellement pour le moment.