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06/11/2012 07:11 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Le nouveau patriarche copte d'Egypte opposé à l'idée d'un Etat religieux

Le nouveau patriarche copte d'Egypte Tawadros II a affirmé qu'il rejetterait la Constitution en cours de rédaction si celle-ci imposait un Etat religieux dans ce pays majoritairement musulman, a rapporté mardi la presse égyptienne.

Tawadros II, dont la communauté est de plus en plus inquiète face à la montée des islamistes, désormais au pouvoir, a aussi appelé les chrétiens à ne pas quitter le pays, soulignant qu'ils coexistaient depuis des siècles avec les musulmans.

"Une Constitution qui suggère l'imposition d'un Etat religieux en Egypte est absolument rejetée", a-t-il dit à des journalistes lundi, au lendemain de sa désignation comme patriarche, a rapporté le quotidien indépendant Al-Watan.

La rédaction de la future Constitution égyptienne, sur laquelle la commission constituante dominée par les islamistes devrait se prononcer dimanche, est à l'origine de fortes tensions.

La nouvelle loi fondamentale doit remplacer celle de 1971, suspendue par les militaires à qui Hosni Moubarak a remis le pouvoir le 11 février 2011 en démissionnant sous la pression d'une révolte populaire.

L'article 2 de l'ancienne Constitution stipulait que "l'islam est la religion de l'Etat, l'arabe est sa langue officielle et les principes de la charia islamique sont la source principale de la législation".

Le projet actuel de Constitution garde l'article tel quel, mais les fondamentalistes musulmans font pression pour que la nouvelle loi fondamentale fasse des "préceptes de la charia" ou même de la charia tout court le fondement de la législation, une perspective vivement rejetée par les milieux libéraux et laïques.

S'adressant par ailleurs aux Coptes qui envisagent de s'exiler après plusieurs attaques ayant visé leur communauté ces deux dernières années, Tawadros II a souligné que l'Egypte est "une terre sacrée n'ayant pas d'équivalent dans le monde".

"Concernant nos frères dans le pays, qu'ils soient islamistes ou autre, nous vivons ensemble depuis 14 siècles", a-t-il dit au quotidien Al-Ahram.

Les violences contre les Coptes, la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, ont augmenté depuis la révolte de 2011. Beaucoup de chrétiens d'Egypte se sont dits inquiets de l'élection du premier président islamiste du pays, Mohamed Morsi.

Pendant sa campagne, ce dernier avait assuré que les Coptes, qui représentent 6 à 10% des 83 millions d'Egyptiens, étaient "des partenaires nationaux" et avaient "des droits complets, comme les musulmans".

Après son élection, il s'est engagé à être "le président de tous les Egyptiens" mais les Frères musulmans, dont il est issu, disent vouloir graduellement imposer la charia islamique et s'opposent par exemple à ce qu'un Copte se présente à la présidence.

Les Coptes s'estiment depuis longtemps victimes de discriminations et d'une sous-représentation au sein du gouvernement et de la haute fonction publique. Ils déplorent également des restrictions pour la construction des églises, alors que les règles sont très libérales pour les mosquées.

se/iba/cco

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