Salvador Dali arrive au Québec par la grande porte. On a dévoilé, lundi matin, au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, une immense toile inédite du peintre espagnol, exhibée pour la première fois depuis sa création en 1944. L’œuvre fait partie intégrante du décor du nouveau spectacle de Daniele Finzi Pasca, La Vérità, qui sera à l’affiche en première mondiale à Montréal le 17 janvier prochain.

Daniele Finzi Pasca, renommé metteur en scène d’origine suisse à qui on doit notamment Corteo du Cirque du Soleil, Nebbia et Rain du Cirque Éloize et la Cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Turin, a expliqué aux journalistes les fondements de son nouveau projet qui s’articule autour de l’épopée de Tristan et Iseult et du New York des années 1940.

Entouré de sa collègue et conjointe Julie Hamelin, du scénographe Hugo Gargiulo et du directeur de la programmation de la Place des Arts, Michel Gagnon, l’artiste a raconté comment le parcours de Salvator Dali, et particulièrement le tulle d’une dimension de 9 mètres par 15 mètres, l’a inspiré au fil de la conception de La Verità. La prestation de cirque réunira une douzaine d’acrobates-interprètes-musiciens-clowns et promet d’être spectaculaire.

«On sera en équilibre entre l’émotion, le fou rire et les larmes», a confié l’homme en entrevue, quelques minutes après son allocution. «On verra le surréel qui arrive dans un monde magique, l’histoire d’amour entre Tristan et Iseult, l’Espagne, la relation entre Dali et sa femme… Ce sera la folie!», a laissé miroiter celui qui dit se sentir «comme à la maison» lorsqu’il pose ses valises à Montréal.

Le canal de l’amitié

Pas question toutefois, pour Daniele Finzi Pasca, de révéler comment le fameux tableau de Dali lui est tombé entre les mains. Faisant référence à un regroupement européen anonyme, l’âme pensante de cet événement culturel d’envergure s’est contentée d’user d’une belle métaphore pour détailler la manière dont le joyau s’est rendu jusqu’à lui.

«Des membres de la fondation sont des gens que je connais bien et envers qui j’éprouve une réciproque confiance», a-t-il avancé en substance. «La toile m’est arrivée de façon très discrète, mais par un canal très direct, qui est celui de l’amitié.»

Réalisée à l'origine pour le ballet Mad Tristan (Tristan Fou) en collaboration avec le chorégraphe Léonide Massine, au Metropolitan Opera de New York, la fresque de Salvador Dali a été restaurée en Suisse en 2009. Le rideau illustre la passion amoureuse de Tristan et Iseult à travers une brouette qui sort d’une omoplate comme les ailes d’un corps angélique, une tête faite d’une fleur de pissenlit, une cape bleue fissurée à la façon d’une paroi rocheuse, des cyprès poussant dans une nuque et d’autres éléments surréalistes. Daniele Finzi Pasca a mentionné, lundi, que l’image ne constituerait pas l’objet central de son nouvel exercice théâtral, mais que celle-ci ferait office «d’épice» tout au long du récit.

Les curieux qui désirent admirer la murale pourront le faire gratuitement ce mercredi 7 novembre, à 12h, 17h et 18h30. Il suffit de se présenter au préalable à la billetterie de la Place des Arts pour obtenir un laissez-passer.

Quant aux représentations de La Vérità, elles pourront être applaudies à la Place des Arts du 17 janvier au 3 février. Les billets sont déjà en vente au 1 (866) 842-2112 ou au www.placedesarts.com. La troupe de la Compagnie Finzi Pasca partira ensuite en tournée en Amérique du Sud, en France, en Suisse, en Italie et en Espagne.