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06/11/2012 08:24 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Khartoum estime qu'il n'y a pas de crise humanitaire au Kordofan-Sud

Khartoum a affirmé mardi qu'il n'y avait pas de crise humanitaire dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu, touchés par des combats, alors même qu'un projet international de distribution d'aide dans ces régions a expiré sans que l'aide n'ait pu être acheminée.

Malgré des mois de négociations sur la façon dont pourrait être livrée l'aide destinée aux zones tenues par les rebelles dans ces deux provinces frontalières du Soudan du Sud, où des combats ont débuté il y a plus d'un an, le nombre d'hanitants affectés par les violences n'a cessé de croître.

Plus de 240.000 personnes se sont réfugiées au Soudan du Sud et en Ethiopie, a indiqué l'ONU vendredi dernier.

En comptant les réfugiés, plus de 900.000 personnes ont dû quitter leur domicile ou sont profondément affectées par la guerre, a estimé l'ONU, faisant état de sérieuses pénuries alimentaires et de manque de soins médicaux dans les zones rebelles.

"Il n'y a pas de crise humanitaire dans le Kordofan-Sud et au Nil-Bleu, mais il y a un besoin humanitaire, auquel il faut répondre", notamment dans le domaines de la santé et de l'eau potable, a affirmé de son côté le dirigeant soudanais en charge de l'aide humanitaire, Souleimane Abdoul Rahmane, à la presse mardi.

Il a confirmé l'expiration d'un plan d'action proposé par l'ONU, la Ligue arabe et l'Union africaine, qui devait permettre l'acheminement d'aide humanitaire dans toute la zone des combats y compris dans les secteurs tenus par les rebelles.

En février, ces trois organisations avaient présenté une proposition tripartite en ce sens, avalisée par les rebelles du SPLM-N (branche nord du Mouvement populaire de libération du Soudan) le même mois, puis en juin par Khartoum, qui évoquait des impératifs de sécurité pour limiter sévèrement les activités des ONG internationales.

Un mémorandum détaillant l'application de cet accord a été signé séparément avec les autorités soudanaises et les rebelles début août. Ces documents étaient valables 90 jours, mais n'ont jamais été appliqués.

Dans l'un de ses communiqués les plus sévères concernant la situation dans ces deux provinces, le bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) a déploré le 19 octobre que l'accord tripartite reste suspendue au "feu vert" des autorités après 16 mois de négociations.

En dépit des plans d'actions soumis par l'ONU, l'UA et la Ligue arabe, "ni le gouvernement ni le SPLM-N n'ont encore accepté formellement un plan d'action concret détaillant les opérations d'évaluation et de distribution d'aide", écrivait Ocha.

M. Rahmane a pointé du doigt les trois organisations pour le retard, tout en estimant que les rebelles portaient "la totale responsabilité" de la situation.

Les rebelles ont de leur côté accusé le gouvernement.

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