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06/11/2012 05:58 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Harper en Inde: New Delhi est préoccupée par l'extrémisme sikh au Canada

NEW DELHI - La ministre d'État indienne des Affaires étrangères, Preneet Kaur, affirme que son pays est préoccupé par l'extrémisme sikh au Canada.

Mme Kaur a fait cette remarque lors d'une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, mardi, à New Delhi. Selon elle, le gouvernement indien est préoccupé par la montée du discours anti-Inde au Canada, depuis qu'il a jugulé les troubles dans la région du Punjab.

«Après une période difficile, nous avons réussi à ramener la paix et le progrès au Punjab et en Inde, et nous aimerions que cela se poursuive. Nous sommes donc inquiets de cette situation [au Canada], et nous apprécions le fait que vous avez clairement indiqué votre position sur cette question», a-t-elle déclaré.

M. Harper lui a répondu que la grande majorité des Canadiens et des Indo-Canadiens étaient en faveur d'une Inde unie.

Le premier ministre indien, Manmohan Singh, a lui aussi abordé cette question lors d'une cérémonie en soirée, mardi.

«L'Inde et le Canada sont des nations bâties sur des valeurs communes qui célèbrent la démocratie, l'inclusion et la diversité, a dit M. Singh. Nous avons des inquiétudes similaires pour ce qui concerne la lutte contre le terrorisme, l'extrémisme et le radicalisme.»

Des groupes favorisant un État indien séparé, appelé Khalistan, sont actifs au Canada, notamment en Colombie-Britannique. Certains Indo-Canadiens reprochent au gouvernement indien de harceler les sikhs et de ne pas avoir traduit en justice les auteurs du massacre de plus de 3000 sikhs en novembre 1984.

La question de l'extrémisme à l'interne a puissamment ébranlé l'Inde au cours des dernières décennies. La première ministre Indira Gandhi a d'ailleurs été assassinée par ses propres gardes du corps sikhs après une série d'événements provoqués par des fondamentalistes sécessionnistes.

Au Canada, la police croit que l'explosion en 1985 d'un vol d'Air India ayant tué 331 personnes avait été orchestrée par des extrémistes sikhs installés au Canada.

Selon la députée britanno-colombienne Nina Grewal, toutefois, ce «problème» d'extrémisme sikh au Canada est bien discret.

«Hé bien, 99,9 pour cent des gens sont paisibles et amicaux. Je n'ai pas été témoin d'un événement [extrémiste] au Canada», a-t-elle dit.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, a quant à lui qualifié les événements de 1984 de «pogroms» dans une récente déclaration transmise par voie de communiqué.

Dans le cadre de sa visite en Inde, le premier ministre Harper rencontre par ailleurs des dirigeants indiens pour développer la coopération dans les domaines de l'énergie nucléaire civile, des mines, de l'enseignement supérieur, de la science et de la technologie.

Les deux nations ont d'ailleurs annoncé mardi avoir conclu leurs discussions pour la mise en œuvre de l’Accord de coopération nucléaire, que les deux pays avaient signé en juin 2010. Cet accord permettra aux entreprises canadiennes d’exporter et d’importer en Inde des matières, du matériel et des technologies nucléaires contrôlés.

Le Canada cherche à renforcer sa présence en Asie. Le commerce avec l'Inde s'est élevé à 5,2 milliards $ l'an dernier, en hausse de plus de 28 pour cent par rapport à 2010.

Le ministère indien des Affaires étrangères estime à environ 4,3 milliards $ le total des investissements canadiens en Inde.

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