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06/11/2012 10:26 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Barack Obama ou Mitt Romney, les Américains choisissent leur président

Des dizaines de millions d'Américains choisissaient mardi le prochain locataire de la Maison Blanche entre Barack Obama et Mitt Romney, les sondages promettant un résultat très serré même si l'arithmétique électorale semblait favorable au président sortant.

Après un an et demi de campagne acharnée, des centaines de millions de dollars dépensés, des dizaines de milliers de kilomètres parcourus, de mains serrées et des dizaines de discours, la parole était à quelque 200 millions d'électeurs qui ont parfois dû attendre de longues heures avant de glisser leur bulletin dans l'urne.

Le destin de M. Obama, premier président noir des Etats-Unis, porté au pouvoir il y a quatre ans sur des slogans d'"espoir" et de "changement", est dans la balance. Un seul démocrate, Bill Clinton, a enchaîné deux mandats pleins à la tête du pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les premiers bureaux de vote ont fermé à 18H00 (23H00 GMT), mais le scrutin était toujours en cours dans la vaste majorité d'un pays s'étalant sur six fuseaux horaires.

M. Obama, qui avait voté dès le 25 octobre, a tué le temps et évacué le stress en jouant un match de basket - qu'il a gagné d'environ 20 points - dans son fief de Chicago (Illinois, nord) avec des amis et des collaborateurs. Il s'était rendu dans la matinée dans une de ses permanences pour remercier des bénévoles.

Tout en confessant un certain "trac", le président a dit s'attendre à passer "une bonne soirée" et a adressé ses "félicitations" à son rival républicain pour sa "campagne dynamique".

Jusqu'au bout, les sondages ont donné MM. Obama et Romney au coude à coude au plan national mais le sortant pourrait profiter d'un mode de scrutin indirect où la décision se fera dans une dizaine d'Etats. Il semble en position favorable dans une majorité d'entre eux.

Mitt Romney a de son côté voté en compagnie de son épouse, Ann, dans son fief de Belmont au Massachusetts (nord-est). Il a poursuivi sa campagne jusqu'au bout, se rendant à Cleveland, dans l'Ohio, puis à Pittsburgh, en Pennsylvanie pour y rencontrer des bénévoles de sa campagne.

Lui aussi a laissé filtrer son optimisme. "Je viens juste de finir d'écrire mon discours de victoire, il fait environ 1.118 mots", a-t-il affirmé aux journalistes dans l'avion qui le ramenait à Boston où aura lieu sa soirée électorale.

A Alexandria, en Virginie (est), un des fameux Etats clés susceptibles de basculer dans un camp ou dans l'autre, Ursula et Joe Burgess, la quarantaine, viennent de voter. Joe est républicain, Ursula démocrate. "On ne vote pas pareil, il faut que j'annule son vote", dit Ursula en éclatant de rire.

Maurice Josh arbore un T-Shirt Obama-Biden. Qui va gagner ? "Ca va être serré. Ca sera ... Non, je n'en sais rien, c'est si serré", dit-il.

A Hoboken, dans le New Jersey dévasté par l'ouragan Sandy il y a une semaine, des bureaux de vote ont dû être improvisés. Un bénévole présente ses excuses à la foule qui s'impatiente. "Excusez-nous pour l'état des locaux, mais il y a deux jours, ils étaient sous 60 cm d'eau".

Plusieurs millions d'Américains ont déjà voté par anticipation. Mardi, des dizaines de milliers d'autres postaient fièrement sur les réseaux sociaux des photos du petit autocollant "J'ai voté", que les électeurs arborent généralement au revers de leur veste les jours d'élection.

Le territoire observé de très près mardi soir sera l'Ohio (nord). Aucun républicain n'a réussi à s'installer à la Maison Blanche sans l'avoir remporté, et M. Obama y a dominé dans tous les sondages récents, même si l'écart semble faible.

Les premiers bureaux ont fermé à 18H00 (23H00 GMT) sur la côte Est, dans une partie de l'Indiana (nord) et du Kentucky (centre-est). Les premiers résultats, Etat par Etat, devraient commencer à tomber à partir de 19H00 (00H00 GMT). Mais en cas d'élection serrée, le nom du vainqueur ne pourrait être connu que dans la nuit voire dans la journée de mercredi.

Toutefois, l'arithmétique électorale est telle que si M. Obama l'emportait nettement l'Ohio, la Floride (sud-est) ou la Virginie (est), l'élection basculerait en sa faveur dès le début de la soirée.

Un scénario cauchemardesque comme celui de 2000, quand un processus de recomptage contesté en Floride avait retardé d'un mois l'annonce du vainqueur, n'est pas non plus exclu par les deux équipes de campagne, qui ont dépêché des armées de juristes sur le terrain.

M. Romney, 65 ans, a centré sa campagne sur la critique du bilan économique du président. M. Obama, 51 ans, s'est quant à lui posé en défenseur de la classe moyenne, toujours affectée par les suites de la crise de 2008.

Quel que soit le vainqueur, ses promesses risquent de se heurter au puissant Congrès.

La Chambre des représentants, dominée par les républicains, sera entièrement renouvelée mardi, tandis qu'un tiers des membres du Sénat, où les alliés de M. Obama sont majoritaires, remettront leur mandat en jeu. Les sondages prédisent un statu quo, scénario aussi problématique pour M. Obama que pour M. Romney.

Mardi, les électeurs se prononçaient également sur plus de 170 référendums locaux.

En Californie, les électeurs doivent décider s'ils veulent, pour la première fois aux Etats-Unis, imposer l'étiquetage de produits OGM, tandis que le cannabis pourrait être légalisé, même à des fins récréatives, dans l'Oregon, le Colorado et l'Etat de Washington.

bur-tq/jca

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