NOUVELLES
06/11/2012 12:59 EST | Actualisé 06/01/2013 05:12 EST

Attentats et raids se multiplient, Cameron pour une sortie sécurisée d'Assad

Le Premier ministre britannique David Cameron s'est dit mardi favorable à une sortie sécurisée du président Bachar al-Assad de Syrie si cela pouvait mettre fin à l'effusion de sang, les violences ayant redoublé d'intensité avec une multiplication des attentats et des raids.

"Je suis (favorable à) tout pour voir cet homme quitter le pays et avoir une transition sûre en Syrie", a déclaré M. Cameron à la chaîne satellitaire à capitaux saoudiens Al-Arabiya.

"Certainement, je ne lui offre pas un plan de sortie en Grande-Bretagne, mais s'il veut partir, il pourrait partir, cela pourrait être arrangé", a-t-il afrirmé. Il a toutefois dit "bien sûr, préférer qu'il affronte la force de la justice et du droit internationaux pour ce qu'il a fait".

Une grande partie de l'opposition, actuellement réunie à Doha pour se restructurer, pose comme condition sine qua non à toute négociation un départ de M. Assad qui, lui, refuse catégoriquement de quitter le pouvoir et est déterminé à écraser la rébellion.

Mardi, les attaques à la bombe et à la voiture piégée se sont multipliées, frappant plusieurs banlieues de Damas, au lendemain d'une attaque suicide à la voiture piégée qui avait infligé un rude coup à l'armée en tuant au moins 50 combattants pro-régime dans le centre du pays.

Dans la soirée, trois bombes ont fait, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 10 morts et une quarantaine de blessés, dont de nombreux dans un état critique, à Qudsaya, une banlieue populaire de l'ouest de Damas qui abrite les résidences de la garde républicaine. Les médias officiels ont également fait état de morts et de blessés sans fournir de bilan précis.

Plus tôt, une voiture piégée avait fait des blessés à Mouadamiya, près de Damas, et une autre avait explosé dans la banlieue de Sayeda Zeinab, faisant des dégâts, selon l'OSDH, tandis que la télévision d'Etat a affirmé qu'une attaque similaire avait été déjouée à Damas. Ces attentats n'ont pour le moment pas été revendiqués.

Alors que des combats meurtriers ont récemment éclaté aux abords du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans le sud de Damas, Damas a fermé plusieurs bureaux en Syrie du mouvement islamiste Hamas, qui a rompu avec le régime de Bachar al-Assad longtemps son proche allié, selon l'OSDH et une source palestinienne. Des Palestiniens combattent en Syrie du côté des pro-régime et du côté rebelle.

Damas, un temps éclipsée par l'ouverture fin juillet du front d'Alep (nord), est désormais au centre des combats, l'aviation menant de nombreux raids dans les villes alentour.

Selon des analystes, le régime a réduit ses ambitions territoriales pour se concentrer sur Damas, le centre et le pays alaouite (nord-ouest), pour se maintenir sur ces positions et avoir une carte entre les mains lors des négociations.

De fait, son armée, dont l'aviation a l'entière maîtrise du ciel face à des rebelles équipés d'armes légères, semble décidée à mettre à profit cet atout, multipliant les raids aériens meurtriers, notamment autour de la capitale.

Les hommes à bord de ses hélicoptères, qui jusqu'alors tiraient à la mitrailleuse lourde, lâchent désormais sur des zones d'habitations des barils remplis d'explosifs.

Et le ballet de ses chasseurs-bombardiers s'est accéléré, avec des raids mardi à travers tout le pays, dont l'un, particulièrement violent, a tué 19 civils et blessé 61 autres dans la seule ville de Saraqeb (nord-ouest), selon l'OSDH.

Un haut responsable de l'ONU a estimé que l'armée faisait vraisemblablement usage de bombes à sous-munitions, Moscou, allié de Damas, affirmant pour sa part que les rebelles avaient "obtenu 50 missiles Stinger de l'extérieur pour frapper les avions" du régime.

"Certains parlent du danger de voir la Syrie divisée (...) Je pense que le véritable risque n'est pas la partition mais la +somalisation+, avec un effondrement de l'Etat et l'émergence de milices et de factions armées", a affirmé l'émissaire international Lakhdar Brahimi au journal panarabe Al-Hayat.

Les violences ont à nouveau fait mardi 122 morts, dont 69 civils, selon un bilan provisoire de l'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de médecins dans les hôpitaux civils et militaires. En près de 20 mois, plus de 36.000 morts ont péri en Syrie, selon l'OSDH.

Au Qatar, le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, examine la création d'une nouvelle direction politique de l'opposition, proposée par l'un de ses membres, Riad Seif, en amont d'une réunion élargie jeudi.

Cet ancien député en exil veut ainsi "éviter un vide politique au moment de la chute du régime d'Assad" et "garantir une reconnaissance internationale".

Pour tenter de reprendre l'initiative, le CNS a annoncé s'être élargi à 13 nouveaux groupes d'opposition, répondant aux critiques venues de Syrie et de l'étranger l'accusant de manquer de représentativité.

bur-sbh/feb

PLUS:afp