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05/11/2012 05:09 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

USA: le soldat accusé d'avoir massacré 16 Afghans était "lucide" (ministère public)

Un soldat américain accusé d'avoir massacré 16 villageois afghans en mars était "lucide" au moment des faits, a assuré lundi l'accusation au premier jour de deux semaines d'audiences préliminaires, avant un éventuel procès en cour martiale.

L'accusé, le sergent Robert Bales, était présent à l'audience, sur la base de Fort Lewis-McChord, près de Seattle (Etat de Washington, nord-ouest). Les audiences, prévues jusqu'au 16 novembre, doivent permettre de décider s'il existe suffisamment de preuves pour traduire l'accusé en cour martiale.

Le sergent Bales, âgé de 39 ans, est accusé d'avoir quitté son camp la nuit du 11 mars, dans le district de Panjwayi (province de Kandahar), avant de tuer dans deux villages avoisinants 16 personnes, dont neuf enfants. Il était ensuite revenu à sa base où il s'était rendu.

Selon le procureur militaire Joseph Morse, le sergent Bales a bu du whisky et regardé un film d'action avec ses camarades avant de sortir de sa base, à deux reprises, pour perpétrer son massacre présumé, le plus meurtrier commis par un soldat américain pendant le conflit afghan.

Son avocat et sa femme ont assuré ces derniers mois qu'il n'avait aucun souvenir des événements, mais le lieutenent-colonel Morse a affirmé lundi que le sergent Bales était "lucide, cohérent et coopératif", précisant que l'accusé avait admis ses crimes en les qualifiant de "terribles, vraiment terribles".

Crâne rasé et en uniforme de prisonnier, le sergent Bales a répondu clairement aux questions du juge, enchaînant les "oui, Monsieur".

Le massacre avait considérablement tendu les relations déjà difficiles entre Kaboul et Washington. L'accusé avait été transféré d'Afghanistan à Fort Leavenworth (Kansas, centre) juste après la tuerie, avant de retourner à Fort Lewis-McChord, où est basé son régiment d'infanterie.

La décision de le rapatrier aux Etats-Unis avait déclenché la colère des villageois afghans qui réclamaient qu'il soit jugé en Afghanistan.

Sa femme et ses deux enfants ont également été transférés sur la base pour leur sécurité et les protéger des médias.

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