NOUVELLES
05/11/2012 10:00 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Syrie: le CNS décide de s'élargir à 13 autres groupes de l'opposition

Le Conseil national syrien (CNS), réuni à Doha pour se restructurer, a décidé de s'élargir à 13 autres groupes de l'opposition, alors que se prépare une réunion jeudi des opposants au régime de Damas, a-t-on appris lundi auprès des participants.

Ceux-ci "ont approuvé le projet de restructuration et de réduction des membres du secrétariat général, afin de pouvoir accueillir 200 nouveaux membres représentant 13 groupes politiques et des indépendants", a déclaré à l'AFP Ahmad Kamel, responsable de presse du CNS.

Le secrétariat général a été réduit à 220 membres, contre 313 par le passé, et se réunira mardi.

Cette instance devra débattre de l'initiative de l'opposant Riad Seif --qui semble être appuyé par les Etats-Unis-- pour unifier l'opposition syrienne et sur laquelle plusieurs membres du CNS ont exprimé des réserves.

Le CNS, jusqu'à présent considéré comme la principale coalition de l'opposition visant à renverser le régime du président Bachar Al-Assad, a débuté dimanche cette réunion afin d'élargir sa représentativité contestée par Washington.

Mais ses assises sont éclipsées par les préparatifs d'une importante réunion de l'opposition convoquée jeudi par la Ligue arabe et le Qatar à Doha, sur la base de l'initiative de Riad Seif.

Il propose la création d'une nouvelle instance rassemblant les différentes composantes de l'opposition sous l'appelation "Comité de l'initiative nationale syrienne", afin "d'éviter un vide politique au moment de la chute du régime d'Assad", selon le texte de son initiative.

Son plan vise à "soutenir l'Armée syrienne libre (ASL), administrer les zones libérées, créer un fonds de soutien du peuple syrien, et garantir une reconnaissance internationale".

Il préconise, après concertations avec les représentants de l'ASL (des déserteurs et des civils ayant pris les armes) et des comités dirigeant le soulèvement sur le terrain, la création d'une instance politique, d'un conseil militaire suprême et d'un gouvernement intérimaire formé de technocrates.

Le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, a exhorté les opposants syriens à s'unifier. "Il est temps de s'unir (...). Nous avons besoin d'une seule adresse pour l'opposition, de sorte que nous puissions les conseiller", a-t-il dit en visite à Addis Abeba.

Cheikh Hamad, dont le pays soutient la rébellion syrienne, a indiqué qu'il devrait rencontrer mardi les participants aux réunions de Doha.

M. Seif, un ancien député, avait démenti dimanche les informations de presse selon lesquelles il dirigerait le gouvernement de transition.

Lors de la réunion de jeudi, "nous constituerons une direction politique qui formera au plus vite un gouvernement de technocrates", a-t-il assuré, précisant que son initiative ne constituait "pas un substitut au CNS, qui doit en être une importante composante".

Cette initiative intervient alors que le CNS, longtemps considéré comme un "interlocuteur légitime" de la communauté internationale, semble être tombé en disgrâce auprès de Washington.

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton l'a publiquement désavoué la semaine dernière, estimant qu'il ne pouvait "plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition", et a plaidé pour une nouvelle opposition "plus large", incluant des "Syriens de l'intérieur".

Le CNS a accusé les Etats-Unis de vouloir le remodeler pour l'amener à négocier avec le régime.

Commentant lundi la décision du CNS de s'élargir, la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland a jugé que "l'augmentation du nombre (de membres) n'élargira pas nécessairement la représentativité".

Toutes les initiatives pour un règlement de la crise ont échoué en Syrie, où les violences ont fait, selon une ONG syrienne, plus de 36.000 morts depuis mars 2011.

fb-at/tm/nr/bdx

PLUS:afp