Un vaporisateur nasal pour stimuler l'orgasme féminin est en essai clinique

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SPRAY NASAL
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Que diriez-vous d'un booster de sexualité pour femme? Une équipe du laboratoire pharmaceutique canadien Trimel, tente de trouver un remède aux troubles de l'orgasme chez les femmes. Moins excitant par contre, son mode d'administration devrait être... par le nez!

Destiné aux femmes privées d'orgasme, Tefina est un concentré de testostérone en gel. Selon le site d'informations OneNews, il se pulvérise par voie nasale, environ une heure avant le rendez-vous, le temps que le produit agisse sur les sens. Mais pas d'emballement, le produit est encore en période d'essai et déclenche déjà des réactions dans le monde médical.

Un quart de femmes sont privée d'orgasme

D'après le site IO9, des tests cliniques vont être réalisés sur une centaine de femmes âgées entre 18 et 49 ans, en Australie, au Canada et dans d'autres parties du monde. Tefina est destiné aux femmes souffrant d'anorgasmie, qui est l'impossibilité d'avoir un orgasme sans pour autant qu'il y ait une baisse de la libido. En France, environ un quart des femmes souffrent de ce type de trouble. À ne pas confondre avec la frigidité, qui est liée à l'absence de plaisir au cours d'un rapport sexuel. Dans 80% des cas, l'anorgasme est lié à des causes psychologiques (stress, angoisse ou mauvaise gestion d'une situation).

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L'orgasme au coeur du débat

Le Tefina n'a pas encore été mis en vente mais il rencontre déjà ses premiers détracteurs. Alors que certains y voient une découverte innovante pour le mieux-être de la femme par rapport à sa sexualité, d'autres dénoncent le lobby pharmaceutique et la manne financière que cela implique. Aujourd'hui, le Viagra, médicament introduit par Pfizer en 1998 pour traiter le dysfonctionnement érectile chez l'homme, génère plus de deux milliards de dollars par an aux États-Unis. Difficile de ne pas imaginer une version économique équivalente pour les femmes.

Les partisans du spray parlent d'une lutte en faveur des femmes et se réfèrent à une enquête de 2011 qui révèle que les femmes rencontrent deux fois plus de difficulté à avoir un orgasme que les hommes. Ainsi, elles ont droit à une aide quitte à ce qu'elle soit pharmaceutique. Le Dr Fiona Jane, de l'Université de Monash à Melbourne, pense que "le dysfonctionnement sexuel est un problème réel chez la femme et que près de 43 % d'entre-elles en souffrent. Elles ont ainsi le droit à une aide."

Cependant, Léonore Tiefer, Professeur agrégé en psychiatrie à l'Université de New York, reste sceptique à l'idée de "médicaliser le plaisir féminin", et dénonce "les instituts pharmaceutiques qui essayent de se servir des femmes (quitte à mettre leur santé en danger) pour réaliser des milliards de bénéfices."