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Prix unique du livre: un pas dans la bonne direction, estime Michel Tremblay

05/11/2012 03:31 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST
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composition with stack of books

MONTRÉAL - Michel Tremblay voit d'un bon oeil la mise en place d'une commission parlementaire sur «la pertinence d’une loi sur le prix unique du livre et de ses impacts», mesure annoncée par la première ministre Pauline Marois lors de son discours inaugural.

Le prolifique auteur, qui fera paraître mercredi son nouvel ouvrage, «Au hasard la chance», juge que le gouvernement péquiste a fait «un pas dans la bonne direction» en vue de l'adoption d'une réglementation limitant les guerres de prix sur la vente des nouveautés.

Car ces guerres ont un prix, souligne Michel Tremblay: elles se font au détriment des petites librairies, qui n'ont pas le pouvoir d'achat des grandes surfaces. Celles-ci peuvent se permettre de réserver des centaines d'exemplaires de bouquins, pour ensuite les vendre à bas prix.

«Ça tue les petites librairies, se désole-t-il. Les petites librairies ne peuvent pas acheter 5000 copies d'un roman. C'est plus juste, à quelque part.»

L'écrivain, qui sera présent au Salon du livre de Montréal pour une 35e année consécutive, raconte que certains de ses lecteurs lui demandent parfois d'autographier des exemplaires achetés dans ces commerces, ce qui le chagrine.

«Ça me serre le coeur. Je trouve ça formidable pour eux autres, c'est bien évident que de payer 10 $ moins cher pour un individu, c'est merveilleux, mais si ça coûte la librairie à quelqu'un d'autre, c'est terrible», lance-t-il. «Si tout le monde paie la même chose, on va peut-être moins avoir peur d'aller à la librairie pour s'acheter un livre.»

Les associations professionnelles du livre demandent au gouvernement de légiférer pour limiter à 10 pour cent le rabais maximal qu'un détaillant pourrait offrir au cours des neuf mois suivant la publication d’un livre.

Nombreux sont les auteurs qui militent pour la cause: Marie Laberge, Dany Laferrière, Yann Martel, Marc Levy, Kim Thuy, Nancy Huston et Patrick Senécal, pour ne nommer qu'eux, ont pris position en faveur d'une telle législation.