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05/11/2012 01:17 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Pascal-Kuziemski: un combat de transition qui sera un mal pour un bien

MONTRÉAL - À défaut d'un combat de championnat contre Tavoris Cloud l'été dernier, Jean Pascal devra se contenter d'un combat de transition chez lui à Montréal, au Centre Bell, le 14 décembre prochain. Et c'est peut-être un mal pour un bien, estime son promoteur Yvon Michel.

Inactif depuis le mois de mai 2011 en raison de blessures et de projets de combats qui n'ont pas abouti, Pascal (26-2-1, 16 K.-O.) aurait peut-être frappé un mur contre le champion IBF des mi-lourds, au mois août, si le duel n'avait pas été annulé en raison d'une blessure à la main du boxeur lavallois.

Mais en affrontant le Polonais Aleksy Kuziemski (23-4-0, 7 K.-O.) à la mi-décembre, Pascal aura le temps de retrouver des réflexes qui se sont possiblement émoussés au fil des mois, a indiqué Michel, lundi, lors d'un point de presse visant à promouvoir un gala qui mettra également en vedette David Lemieux, Eleider Alvarez, Kevin Bizier et l'Ontarien Logan McGuinness.

C'est la réflexion qui est venue à l'esprit de Michel lorsqu'il a assisté à la courte victoire de Lucian Bute contre Denis Grachev, samedi soir.

«Cela aurait peut-être été une erreur de ramener Jean à l'action directement contre Cloud, a indiqué Michel. Parce que tu as beau essayer, dans le gymnase, de répliquer tout ce qui peut se passer dans un combat... Quand ça fait longtemps, il y a de la nervosité et de l'hésitation, tu as de la difficulté à trouver tes repères et finalement ça prend un certain temps avant que ta fluidité soit à 100 pour cent.

«Contre un boxeur comme Cloud, Jean ne pourrait pas se permettre de perdre trois ou quatre rounds en partant parce qu'il ne se sent pas bien. Et une défaite à ce moment-là aurait rendu les choses difficile pour la suite de sa carrière, a ajouté Michel. Mais là, c'est juste parfait pour un retour à l'action.»

«Un combat comme celui-là, tu peux commettre des erreurs et ce ne sera pas fatal, a noté Marc Ramsay, l'entraîneur de Pascal, en parlant de l'opposition qu'offrira Kuziemski. Tu peux comprendre ton erreur, battre en retraite, t'organiser de nouveau et retourner (au centre du ring).»

D'ailleurs, Michel et Ramsay auraient préféré que Pascal accepte un combat de ce genre, l'été dernier, plutôt que d'affronter une grande pointure comme Cloud.

«En tant qu'entraîneur et promoteur, c'est ce qu'on aurait aimé, a fait savoir Ramsay, lundi. Mais Jean est toujours très agressif dans ses négociations, autant avec moi qu'avec Yvon, et il voulait un adversaire de premier plan tout de suite. On s'est dit, en tant que groupe, qu'il était possible de battre Cloud...­ Mais il est arrivé ce qui est arrivé, Jean s'est blessé et on se retrouve maintenant dans la situation actuelle.»

Et c'est tant mieux puisque Pascal n'y perdra pas au change. Deux offres sont présentement sur le bureau de Michel en cas de victoire du boxeur lavallois: un combat sur les ondes de Showtime contre Cloud (24-0-0, 19 K.-O.) en février et un affrontement contre le champion WBC Chad Dawson (31-2-0, 17 K.-O.) en mars.

«Si je pouvais choisir, j'irais avec Cloud étant donné que dans le cas de Dawson, j'ai eu l'avantage sur lui par une bonne marge quand nous nous sommes battus, a dit Pascal de la nulle technique enregistrée contre Dawson en août 2010 au Centre Bell. Me mesurer à Cloud serait donc quelque chose d'intéressant pour moi.»

Voilà trois ans maintenant que Pascal enfile les combats de premier plan. Il n'a pas l'intention de prendre les choses à la légère même si le niveau de l'opposition va baisser.

«Il y a des gens qui pensent que ma pause a été trop longue, que je suis un boxeur fini. Ma motivation, c'est de prouver que je suis toujours le même boxeur, a lancé Pascal. Je ne serai pas surpris si, le 14 décembre, je constate que je suis rouillé. Après 17 mois d'inactivité, on ne peut pas demander de miracle. Par contre, je vais tout faire en mon pouvoir, pendant les entraînements, pour aiguiser mes réflexes à droite et à gauche, en haut et en bas, pour l'être le moins possible.»

Pascal est en bonne voie de tenir promesse, selon son promoteur.

«Pendant tout ce temps, Jean a continué de s'entraîner, a souligné Michel. Tout récemment, il a recommencé à faire mal à ses partenaires d'entraînement... alors que depuis un an, c'était parfois le contraire.»

Une préparation optimale ne sera pas surperflue, selon Ramsay.

«(Kuziemski) n'est pas un gars que tu peux mettre hors de combat d'un coup de poing, a expliqué l'entraîneur. Jean ne pourra pas être émotif comme il l'a été à son dernier combat contre Bernard Hopkins. S'il veut bien paraître, il devra être très ordonné.»

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