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Mitt Romney amènerait un regard d'homme d'affaires à la Maison-Blanche

05/11/2012 04:22 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

WASHINGTON - S'il est élu mardi à la présidence des États-Unis, Mitt Romney amènera un regard d'homme d'affaires à la Maison-Blanche et un programme pragmatique, davantage fondé sur une série de principes que sur une idéologie.

Le candidat républicain prendrait la tête de l'une des plus grandes bureaucraties du monde dans un contexte difficile sur le plan économique, marqué par des tensions internationales et une forte bipolarisation de la vie politique aux États-Unis. Il a annoncé qu'il voulait rapidement mettre en oeuvre ses priorités, même s'il n'a pas présenté de plan très précis pour répondre aux défis auxquels les États-Unis sont confrontés.

Il devra gérer les questions délicates des augmentations d'impôts et des coupes budgétaires. Il a promis d'abroger la réforme de la santé de Barack Obama et de remanier le système fiscal du pays. Et il risque de devoir travailler avec un Congrès divisé pour réaliser ses objectifs.

Afin de faire avancer les choses, ce qui est souvent difficile à Washington, Mitt Romney comptera sur ses compétences de gestionnaire aiguisées pendant un quart de siècle, en dirigeant la société Bain Capital, en organisant les Jeux olympiques d'hiver de Salt Lake City en 2002 et en étant gouverneur du Massachusetts de 2003 à 2007. De ces expériences, ce multimillionnaire a acquis une réputation de gestionnaire déléguant des responsabilités à un petit groupe de fidèles.

Ses proches le décrivent comme quelqu'un de serein, même sous la pression. «Il veut pouvoir soupeser les choses», confie Kerry Healey, qui était le bras droit de Mitt Romney pendant quatre ans dans le Massachusetts et qui le conseille aujourd'hui dans sa campagne présidentielle. «Et je ne l'ai jamais vu en colère.»

Ses détracteurs affirment qu'il est lent à agir, distant, et qu'il cherche à éviter la confrontation. «Il est juste de dire qu'il a quitté ses fonctions de gouverneur avec très peu de nouveaux amis», estime Phil Johnston, qui était président du Parti démocrate du Massachusetts pendant le mandat de Mitt Romney comme gouverneur. «Il a agi essentiellement en solitaire, comme s'il était dans une bulle, ne traitant ni avec les démocrates ni avec les républicains.»

Il ne faut pas attendre de Mitt Romney qu'il inspire ceux qu'il dirige avec des discours pleins d'émotion. C'est un homme fidèle qui s'entoure d'un petit cercle de collaborateurs, dont plusieurs sont à ses côtés depuis son mandat de gouverneur du Massachusetts. Il ne possède pas l'instinct qui permettait à des présidents comme Ronald Reagan, Bill Clinton et George W. Bush de communiquer facilement avec les gens et de les unir. C'est avant tout un homme d'affaires. «Si on écrit une note, il préfère que cela tienne sur une page», souligne Eric Fehrnstrom, l'un de ses conseillers.

Mitt Romney a mis sur pied à Washington une équipe qui prépare le programme de ses 200 premiers jours au pouvoir s'il est élu. Son projet, sur le plan fiscal notamment, comporte des zones floues. Il promet de réduire les impôts pour tous, mais sans aggraver le déficit fédéral. Il affirme qu'il éliminera ou limitera certaines déductions et exemptions, mais ne précise pas lesquelles.

C'est un vaste programme pour un homme qui a mis du temps à bâtir des alliances au Congrès, malgré ses promesses de travailler avec les deux partis s'il est élu. Ses collaborateurs n'ont pas dit si son équipe de campagne avait commencé à travailler avec les démocrates du Congrès. Cela risque d'être une tâche difficile pour un homme qui a plusieurs fois eu du mal à obtenir même le soutien de membres de son propre parti, et qui, en tant que gouverneur du Massachusetts, s'était taillé la réputation d'agir en solitaire.

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