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05/11/2012 11:05 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Le premier budget du gouvernement Marois sera déposé le 20 novembre

QUÉBEC - Le gouvernement minoritaire de Pauline Marois déposera son premier budget le mardi 20 novembre, moins de trois mois après son élection.

Le ministre des Finances et de l'Économie, Nicolas Marceau, en a fait l'annonce par voie de communiqué, lundi.

La présentation d'un budget à l'automne n'est pas chose coutumière dans l'histoire — il faut remonter à novembre 2001, alors que la ministre des Finances de l'époque, Pauline Marois, avait déposé un budget pour stimuler l'économie québécoise après les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Le printemps suivant, la ministre Marois s'était limitée à présenter une mise à jour sur l'état des finances publiques.

En bousculant l'agenda, le gouvernement péquiste veut manifestement rassurer les milieux d'affaires sur le respect de son engagement de revenir à l'équilibre budgétaire en 2013-2014.

«Depuis la formation du gouvernement, nous avons constaté que l'ampleur du redressement que nous devons effectuer nous oblige à agir rapidement. Attendre au printemps 2013 ne ferait que retarder l'identification et la mise en œuvre des actions qui sont nécessaires pour remettre le Québec sur la voie de l’équilibre budgétaire pour l’an prochain», a expliqué le ministre Marceau.

Pour respecter la feuille de route vers le déficit zéro, le gouvernement Marois doit entre autres combler un «trou» budgétaire de 1,6 milliard $ attribuable à des dépassements de dépenses de programmes et à une plus faible croissance économique qu'anticipée.

Nonobstant ce manque à gagner, le gouvernement du Parti québécois affirme avoir découvert, à son arrivée au pouvoir, «des dépassements de coûts importants» dans plusieurs projets d'infrastructures, et le prolongement de mesures coûteuses.

En outre, la décision de l'ancien gouvernement de combler le déficit avec le transfert fédéral de 2,2 milliards $ provenant de l'harmonisation des taxes de vente s’est avérée un choix mal avisé, a soutenu M. Marceau, faisant état d'un écart additionnel de 875 millions $ à résorber dans moins de deux ans.

L'annonce du dépôt hâtif du budget a fait bondir l'ancien ministre des Finances et candidat à la direction du Parti libéral du Québec Raymond Bachand. «Un budget, ça ne s'improvise pas», a lancé M. Bachand, en entrevue à La Presse Canadienne.

Il apparaît clair, selon le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, que le Parti québécois au pouvoir veut précipiter l'adoption de ses orientations avant l'élection — le 17 mars 2013 — d'un nouveau chef à la tête du PLQ. Le gouvernement minoritaire, a avancé M. Bachand, cherche à profiter de la conjoncture pour s'épargner un vote de l'Assemblée nationale le printemps prochain.

«Ils sont incapables de gérer, incapables de contrôler les dépenses, ils ont gelé tous les revenus. Ils veulent provoquer, c'est une panique politique. La partisanerie politique ne devrait pas avoir de place lorsqu'il est question des finances publiques», a-t-il dit.

L'opposition libérale et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont signifié ces dernières semaines leur intention de voter contre le budget si ce dernier comporte des hausses d'impôts.

S'il veut éviter que les 19 députés caquistes s'opposent à l'adoption de son plan budgétaire, le gouvernement Marois devra renoncer à refiler aux particuliers, y compris les mieux nantis, la facture de la taxe santé, a prévenu le député Christian Dubé.

La CAQ demande au gouvernement de resserrer ses dépenses plutôt que d'alourdir le fardeau fiscal des contribuables.

Le député de Lévis estime néanmoins que la décision du gouvernement de procéder rapidement avec le dépôt du budget n'est pas sans mérite. Cela permettra enfin, a-t-il soulevé, de remettre les pendules à l'heure sur l'état des finances publiques.

«Au-delà de la stratégie politique, je pense que nous avons besoin d'un portrait des finances publiques et en ce sens, c'est une bonne nouvelle pour les contribuables, qui se sont fait dire toutes sortes de choses depuis l'élection et les marchés financiers», a dit le porte-parole de la CAQ en matière de finances.

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