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05/11/2012 05:06 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

La réélection d'Obama légitimerait la poursuite de ses politiques économiques

WASHINGTON - S'il est réélu mardi à la présidence des États-Unis, Barack Obama tentera d'utiliser sa victoire comme levier pour relancer l'économie de manière durable, guidé par les leçons politiques qu'il a tirées de ses quatre ans passées au pouvoir.

Puisqu'il a insisté au cours de la campagne sur sa différence de vision radicale avec Mitt Romney, il interpréterait sa réélection comme un mandat donné par les électeurs pour poursuivre les efforts engagés afin de consolider l'activité économique et réduire la dette, et un feu vert à sa décision d'augmenter les impôts pour les familles gagnant plus de 250 000 $ US par an.

Il souhaite qu'un effort financier particulier soit accompli pour le développement des infrastructures, du secteur énergétique, de l'éducation, de la formation professionnelle et pour soutenir l'industrie, dans un contexte où le chômage reste l'une des grandes préoccupations des Américains.

Les contours du second mandat de Barack Obama dépendront de la manière dont le premier s'achèvera en décembre. Les résultats des efforts du président et du Congrès pour éviter le déclenchement automatique de coupes budgétaires et de hausses d'impôts prévus pour janvier en cas d'échec des négociations sur la réduction du déficit fédéral auront une influence sur la possibilité d'obtenir plus tard un accord plus large sur la réduction de la dette. Barack Obama veut en conclure un dans les six premiers mois de 2013.

Dans la première année d'un second mandat, Barack Obama devrait aussi s'attaquer à l'une des grandes promesses inachevées des quatre dernières années: la réforme de l'immigration. Il mettrait tout son poids dans la résolution d'un problème complexe et politiquement explosif: accorder la citoyenneté à des millions d'immigrants illégaux, sans que cela s'accompagne de déportations massives ni d'amnistie pour ceux qui ont enfreint la loi.

En entamant un deuxième mandat sans faire face à une récession dévastatrice et aux guerres en Irak et en Afghanistan, Barack Obama serait libre de suivre le programme qu'il veut. Il devra toutefois continuer à affronter l'opposition farouche des républicains, et une certaine lassitude au sein même de la Maison-Blanche.

En matière de politique étrangère, certaines priorités de Barack Obama sont déjà connues, notamment la volonté d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Un autre de ses objectifs est de retirer les forces américaines d'Afghanistan d'ici la fin de 2014, de renforcer l'engagement des États-Unis en Asie, de lutter contre les réseaux terroristes et d'empêcher que les révolutions lancées dans les pays du Printemps arabe se soldent par un échec.

Pour mettre en oeuvre ses idées, le président américain aura besoin de s'entourer de nouveaux collaborateurs. La secrétaire d'État Hillary Clinton et le secrétaire au Trésor Timothy Geithner prévoient quitter leurs fonctions quoi qu'il arrive. Le secrétaire à la Défense Leon Panetta ne devrait pas non plus rester pour un second mandat.

Le style de gouvernance de Barack Obama ne devrait pas changer dans un second mandat. Les Américains le connaissent. Il est fier de sa constance. Ce qu'il prévoit modifier, c'est la manière dont il implique les Américains dans les politiques qu'il mène. Après avoir agi par procédures d'urgence au Congrès dans la première partie de son mandat, avant de voir son camp sanctionné lors des élections de mi-mandat, Barack Obama a semblé réaliser qu'il était personnellement déconnecté des gens qu'il essayait d'aider.

«La leçon la plus importante que j'ai apprise, c'est que vous ne pouvez changer Washington de l'intérieur. Vous ne pouvez la changer que de l'extérieur», a déclaré Barack Obama. «Ce sur quoi j'aimerais vraiment me concentrer lors de mon second mandat, c'est d'être beaucoup plus engagé dans une conversation constante avec le peuple américain, pour qu'il puisse faire pression sur le Congrès.»

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