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05/11/2012 02:28 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Funérailles pour vétérans: Blaney défend un programme jugé sous-financé

OTTAWA - Le ministre des Anciens Combattants, Steven Blaney, s'est retrouvé dans une position inconfortable, lundi, en tentant de défendre son gouvernement concernant la gestion controversée d'un programme visant à offrir des funérailles aux vétérans ayant souffert de la pauvreté.

Le Fonds du souvenir, l'organisme indépendant qui gère le programme, a refusé 67 pour cent des requêtes présentées depuis 2006.

Le Fonds, tout comme le ministère des Anciens Combattants, font pression sur le gouvernement de Stephen Harper pour que celui-ci change les critères d'admissibilité et augmente la somme accordée aux familles dont la demande est acceptée, qui s'élève actuellement à 3600 $.

Interrogé à l'issue d'une cérémonie sénatoriale marquant le début de la Semaine des anciens combattants 2012, M. Blaney a soutenu que, contrairement aux libéraux, les conservateurs n'avaient pas sabré dans le budget du programme. «Notre ferme intention est de le maintenir, a-t-il assuré. Nous avons assuré tous les coûts des funérailles et des enterrements et nous allons continuer à le faire.»

Les libéraux de Jean Chrétien ont apporté des changements au Fonds du souvenir il y a 17 ans afin d'en ralentir la croissance. Ces mesures ont été amendées pour la dernière fois en l'an 2000.

Au cours des dernières années, les dirigeants du Fonds ont exhorté le gouvernement Harper à élargir les critères d'admissibilité du programme, dont seuls les vétérans de la Deuxième Guerre mondiale et de la Guerre de Corée peuvent profiter, de même que les bénéficiaires d'allocations d'invalidité. Ils ont également plaidé en faveur d'une augmentation des sommes allouées. Le ministère des Anciens Combattants a également proposé en vain une restructuration du programme, évoquant un coût variant entre 5 et 7 millions $.

Les ex-soldats sont indignés. Mike Blais, du groupe de défense Canadian Veterans Advocacy, a déclaré que ce n'était pas le genre de traitement auquel s'attendaient les gens qui s'enrôlent dans l'armée et risquent leur vie pour leur pays. «Cette situation est tout à fait inacceptable, s'est-il exclamé. Ce n'est pas une question de coupe ni de bonification. Le gouvernement ne peut tout simplement pas faire fi de ses obligations envers ces gens-là.»

Le porte-parole néo-démocrate pour les questions touchant aux anciens combattants, Peter Stoffer, a affirmé que le gouvernement aurait déjà dû apporter les améliorations requises et qu'il n'avait aucune excuse pour ne pas l'avoir fait étant donné l'argent qu'il a dépensé pour la restauration de monuments militaires au cours des deux derniers budgets fédéraux. Ces projets de restauration, favorables à des cérémonies de prise de photos, sont couverts avec grand bruit par les députés locaux.

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