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05/11/2012 06:50 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Dix ans après, la barrière israélienne perturbe la vie des Palestiniens (ONG)

La barrière de séparation israélienne en Cisjordanie perturbe gravement la vie de la population palestinienne, malgré les engagements pris au début de sa construction il y a dix ans, affirme lundi l'organisation israélienne B'Tselem.

"Depuis la construction de la barrière, les Palestiniens des localités avoisinantes ont perdu la capacité de profiter de leurs terres, leur essentielle ressource restante", indique l'association de défense des droits de l'Homme, dans un rapport publié à l'occasion de cet anniversaire.

Dans le nord de la Cisjordanie, elle cite "Jayyous, où la production agricole s'est effondrée en raison du manque de permis accordés aux agriculteurs", ainsi que "l'encerclement par la barrière de Qalqiliya, qui empêche la ville de se développer comme centre urbain et commercial".

Le rapport pointe également "l'isolement de Bir Nabala de Jérusalem-Est, qui a provoqué un exode massif de la localité et sa paralysie économique".

En outre, bien que la barrière ait été présentée à l'origine comme une "mesure de sécurité temporaire pour protéger Israël d'attentats terroristes à partir de la Cisjordanie", elle a "été essentiellement bâtie à l'intérieur de la Cisjordanie occupée et de manière à fonctionner comme une frontière", souligne B'Tselem, rappelant que son tracé "crée l'infrastucture pour l'annexion de facto de la plupart des colonies et des colons".

En conséquence, l'ONG appelle le gouvernement israélien à "démanteler toutes les parties déjà construites à l'intérieur du territoire de la Cisjordanie et y cesser toute construction supplémentaire".

La barrière, qui doit s'étendre à terme sur 708 km, achevée à près des deux tiers, fera près du double de la Ligne verte, la ligne d'armistice entre Israël et la Cisjordanie, longue de 320 km. 85% de son tracé se trouve en Cisjordanie, isolant 9,4% du territoire palestinien, dont Jérusalem-Est, rappelle le rapport.

Dans un avis rendu en 2004, la Cour internationale de justice (CIJ) a jugé cette barrière illégale et exigé son démantèlement, de même que l'Assemblée générale de l'ONU.

sst/agr/sw

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