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05/11/2012 01:53 EST | Actualisé 05/01/2013 05:12 EST

Bombardements, attentats et combats intenses dans toute la Syrie

BEYROUTH - Des partisans et opposants palestiniens du régime syrien de Bachar el-Assad se sont affrontés lundi à Damas, tandis que des groupes rebelles s'affrontaient entre eux pour le contrôle d'une frontière avec la Turquie, ont déclaré des militants de l'opposition syrienne. Des combats secouaient également d'autres régions de la Syrie lundi.

Au moins 50 soldats et combattants pro-régime ont été tués dans un attentat à la voiture piégée à Ziyara, dans le centre du pays, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme. L'attentat a été perpétré par Jabhat al-Nusra, une organisation islamiste proche d'Al-Qaïda, selon l'Observatoire.

L'organisation a également fait part d'un raid aérien sur la ville de Harem, dans le nord du pays, au cours duquel au moins 20 opposants ont été tués. Un chef rebelle a été grièvement blessé dans cette attaque, d'après l'Observatoire.

L'agence de presse officielle syrienne SANA a déclaré qu'une bombe avait tué 11 personnes et en avait blessé des dizaines d'autres dans le quartier chic de Mazzeh à Damas. Des images télévisées montraient des personnes couvertes de sang dans une rue.

À Damas, les affrontements se concentraient dans le quartier de Tadamon et en périphérie du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, selon le président de l'Observatoire, Rami Abdul-Rahman.

Un militant de l'opposition présent à Damas, Abou Qais al-Shami, a expliqué que les combats avaient débuté dimanche soir et s'étaient poursuivis lundi. Des éléments du Front populaire pour la libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) d'Ahmed Jibril, fervent partisan du président Bachar el-Assad, appuyaient les forces syriennes, a-t-il précisé.

Des Palestiniens opposés au régime de Bachar el-Assad combattaient également aux côtés des rebelles à Damas, a déclaré une personnalité de l'opposition syrienne ayant réclamé l'anonymat.

L'Observatoire n'était pas en mesure de fournir un bilan des combats de lundi, mais a déclaré que huit personnes avaient été tuées dimanche soir à Yarmouk par des tirs de mortier.

Dans le nord de la Syrie, des combattants rebelles se sont affrontés dimanche pour le contrôle du poste frontalier de Bab al-Salameh, selon un militant de l'opposition ayant requis l'anonymat. Les combats ont opposé la Brigade de la Tempête du nord et la brigade Amr bin al-Aas.

Un responsable gouvernemental turc présent dans la ville frontalière de Kilis a confirmé que deux groupes rebelles syriens étaient «engagés dans une lutte de pouvoir», mais a précisé que les autorités turques tentaient encore de déterminer qui étaient ces deux groupes.

Des militants ont par ailleurs déclaré que des bombardements aériens et des affrontements avaient secoué les provinces d'Alep et d'Idlib, dans le nord du pays, près de la frontière avec la Turquie, ainsi que dans la région de Deir el-Zour et à Homs.

Le Conseil national syrien (CNS), principale organisation de l'opposition syrienne en exil, était réunie lundi à Doha, au Qatar, pour tenter d'unir ses rangs face aux critiques sur son manque de représentativité. Selon un organisateur de la conférence, Anas Abdah, une majorité des 222 délégués se sont mis d'accord pour élargir le CNS à des organisations et militants de l'intérieur de la Syrie et à des représentants de conseils locaux.

Par ailleurs, le Japon a annoncé lundi qu'il accueillerait à la fin du mois une réunion internationale qui pourrait aboutir à la mise en place de nouvelles sanctions contre la Syrie. Le secrétaire général du gouvernement japonais, Osamu Fujimura, a précisé que les représentants d'une soixantaine de pays allaient étudier de nouvelles mesures pour tenter d'isoler le régime de Bachar el-Assad. Les sanctions déjà en place imposent le gel des avoirs du président et des responsables militaires syriens, ainsi qu'un embargo sur le pétrole et les armes.

Au moins 36 000 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début du soulèvement en mars 2011, selon un bilan établi par les militants de l'opposition.

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