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04/11/2012 04:18 EST | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

Vendée Globe - Des skippers "comme des astronautes en orbite" (médecin)

Les marins du Vendée Globe, course en solitaire autour du monde et sans escales dont le départ sera donné samedi des Sables d'Olonne (centre-ouest), seront "comme des astronautes en orbite pendant trois mois", selon le médecin français de l'organisation, le Dr Jean-Yves Chauve.

Les maux dont souffrent les concurrents -qui vont parcourir quelque 24.000 milles (environ 43.200 km) sur trois océans à la barre de monocoques de 18,28 m- sont "très variés et ils ont beaucoup d'imagination", plaisante le Dr Chauve, qui a officié à ce poste dès le premier "Vendée", en 1989-1990.

Et, ajoute-t-il dans un entretien à l'AFP, le retour aux Sables d'Olonne ne signifiera pas forcément la fin des bobos pour des marins qui auront été "comme des astronautes en orbite pendant trois mois autour du globe".

"Pendant leur tour du monde, le système immunitaire (des skippers) aura été mis au repos, affirme le Dr Chauve. A l'arrivée, ils seront à nouveau confrontés à une multitude d'agressions microbiennes susceptibles de déclencher de petites infections".

"En mer, poursuit-il, les blessures les plus fréquentes sont d'ordre traumatique: au niveau des côtes, du thorax, des lombaires et des mains". Lors des six précédentes éditions, le médecin officiel du Vendée Globe a également relevé des claquages musculaires et des infections cutanées (irritations, furoncles) dues à l'humidité et au sel.

"Les bateaux sont plus durs aujourd'hui que dans le passé, indique-t-il. Ils sollicitent plus les organismes et il faut être bien préparé physiquement pour tenir le coup car les efforts peuvent être explosifs. Le Vendée Globe est devenu un sprint planétaire..."

Avant de prendre le départ, tous les concurrents doivent passer des examens médicaux (échographie cardiaque et test d'efforts, notamment), rappelle Jean-Yves Chauve. Pour les dents, pas de passage obligatoire chez le dentiste mais les coureurs le font systématiquement: "au niveau des performances, il serait suicidaire de ne pas le faire".

Tous se souviennent que le Français Guy Bernardin avait dû abandonner le premier Vendée Globe à mi-parcours, terrassé par une rage de dents.

"La fatigue est le principal ennemi des skippers, affirme encore le Dr Chauve. Cela se traduit par une perte de clairvoyance, des manoeuvres exécutées dans la précipitation" sur des bateaux surpuissants où la moindre erreur se paie cher.

Les mésaventures de Bertrand de Broc, qui s'était coupé (et recousu) la langue en 1992 dans l'océan Indien, et de Yann Eliès, victime d'une fracture du fémur en 2008 au sud de l'Australie, sont dans toutes les mémoires et appartiennent à la légende du Vendée Globe.

Ces accidents, provoqués par des chocs violents, sont heureusement exceptionnels et Jean-Yves Chauve souligne que, dans l'ensemble, "les concurrents rentrent plutôt en forme" de leur circumnavigation. "Il n'y a pas beaucoup de différences entre leur état de santé au départ et celui constaté à l'arrivée".

"On note toutefois un déficit musculaire au niveau des jambes car les skippers passent beaucoup de temps assis à la table à cartes ou dans le cockpit, poursuit-il. Et à l'inverse, une musculation renforcée des bras", due aux multiples manoeuvres de voiles et de winches.

Plus original, s'amuse le Dr Chauve, "on constate chez les garçons une chute des niveaux de testostérone", conséquence somme toute logique de trois mois passés en mer en solitaire.

heg/jgu

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