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04/11/2012 04:21 EST | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

Réunions cruciales de l'opposition syrienne à Doha

Le Conseil national syrien (CNS) a entamé dimanche à Doha une réunion cruciale de quatre jours pour élargir sa représentativité remise en question par les Etats-Unis, qu'il accuse de vouloir remodeler l'opposition syrienne.

Ces assises seront suivies jeudi par une réunion convoquée par la Ligue arabe et le Qatar, élargie aux autres groupes de l'opposition syrienne et dont se méfie le CNS.

L'opposant syrien respecté Riad Seif a nié dimanche vouloir présider un gouvernement syrien en exil, question qui devrait être débattue lors de la réunion de jeudi selon certains médias, et indiqué qu'il oeuvrait à la constitution d'une nouvelle direction politique pour l'opposition.

Quelque 286 membres du CNS, jusqu'à présent considéré comme la principale coalition de l'opposition visant à renverser le régime du président Bachar Al-Assad, doivent amender les statuts de cette instance pour l'élargir à de nouveaux membres.

Après l'entrée d'environ 120 nouveaux membres, le CNS procèdera mercredi à l'élection des 40 membres de son secrétariat général qui éliront à leur tour le président de cette instance.

Dans un discours d'ouverture, le président sortant du CNS Abdel Basset Seyda a dénoncé "de nombreuses tentatives de trouver des substituts" au CNS tout en reconnaissant que certaines critiques à l'égard de sa coalition étaient "fondées".

Il a appelé à "organiser et unifier l'action militaire" contre le régime syrien, afin que les différents groupes militaires combattant sur le terrain "constituent le noyau de la prochaine armée syrienne".

Cette réunion intervient alors que le CNS, longtemps considéré comme un "interlocuteur légitime" de la communauté internationale, semble être tombé en disgrâce aux yeux de Washington.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a en effet publiquement désavoué mercredi le CNS, estimant qu'il ne pouvait "plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition", et a plaidé pour une nouvelle opposition "plus large", incluant des "Syriens de l'intérieur".

Le CNS a violemment réagi en accusant les Etats-Unis de vouloir le remodeler pour l'amener à négocier avec le régime.

C'est dans ce contexte que se tient la réunion élargie de jeudi.

Burhan Ghalioun, ancien chef du CNS et l'un des candidats possibles à la nouvelle direction de cette instance, a affirmé que le CNS réclamait que ses représentants constituent "40% des participants à la réunion de jeudi, qui regroupera d'autres composantes de l'opposition".

"Cette réunion vise à rassembler toute l'opposition syrienne autour d'un programme unifié et à former une instance représentant toutes les tendances de l'opposition. Ce n'est pas une mauvaise idée, mais nous avons des réserves sur la façon de la présenter", a-t-il déclaré à l'AFP.

Riad Seif ne veut pas former de gouvernement en exil

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Des informations de presse avaient affirmé que la réunion de jeudi évoquerait la création d'un gouvernement en exil dirigé par l'opposant Riad Seif.

"Je ne serai en aucun cas candidat pour diriger un gouvernement syrien en exil", a déclaré aux journalistes M. Seif peu avant l'ouverture de la réunion de Doha.

"J'ai 66 ans et je souffre de nombreux problèmes de santé", a ajouté cet ancien député qui a passé de nombreuses années en prison et qui souffre d'un cancer.

M. Seif a indiqué qu'il se contenterait "d'aider à constituer une direction politique qui satisferait le peuple syrien et le monde" et souligné que son initiative ne constituait "pas un substitut au CNS, qui doit en être une importante composante".

Lors de la réunion de jeudi, "nous constituerons une direction politique qui formera au plus vite un gouvernement de technocrates", a assuré M. Seif.

Selon une source diplomatique occidentale, l'initiative de Riad Seif pour élargir l'opposition syrienne "est soutenue par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, et il aurait aussi le soutien de pays arabes, dont le Qatar, ainsi que de la Turquie".

Il s'agit "d'un projet équilibré, qui intègre les différentes composantes de la société syrienne: des alaouites, des chrétiens, des Syriens de l'intérieur, de l'extérieur", ainsi que le CNS, a ajouté cette source.

Ces derniers jours, M. Seif a rencontré en Jordanie une vingtaine d'opposants, membres ou non du CNS, pour exposer son projet.

Toutes les initiatives pour un règlement ont échoué jusqu'à présent en Syrie, où les violences liés à la révolte populaire transformée en conflit armé ont fait, selon une ONG syrienne, plus de 36.000 morts depuis mars 2011.

fb-at/sw

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