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04/11/2012 10:34 EST | Actualisé 04/01/2013 05:12 EST

Manifestation d'ultranationalistes en Russie

Des milliers de militants ultranationalistes ont défilé dimanche dans les rues de Moscou, pour l'annuelle Marche russe, accusant le président Vladimir Poutine de ne pas protéger le peuple russe face aux immigrés du Caucase et d'Asie centrale.

Selon la police, 6000 personnes ont participé à cette marche. Les manifestants ont défilé en scandant des slogans comme « la Russie aux Russes ». Même si les organisateurs ont insisté sur le fait que beaucoup de manifestants étaient des Russes ordinaires, la présence de skinheads et de militants néo-nazis a été constatée. Lorsque des nationalistes ont commencé à faire le salut fasciste, Alexandre Belov, l'un des organisateurs de la marche, leur a intimé l'ordre de cesser de lever le bras droit.

Aucune violence n'a été constatée. Selon l'agence de presse ITAR-Tass, citant la police, une vingtaine de manifestants portant des croix gammées ont été arrêtés à proximité d'une station de métro du centre de la capitale russe.

Les ultranationalistes accusent le Kremlin d'accorder des avantages aux immigrés et aux minorités ethniques. « Nous effrayons Poutine. Il sent que son temps touche à sa fin car l'avenir nous appartient », a lancé Alexandre Belov.

Une quarantaine de manifestations ont été recensées à travers le pays à l'occasion du Jour de l'Unité du peuple. Cette journée a été instaurée en 2005 pour célébrer la libération de Moscou, occupée par l'armée polonaise en 1612.

Selon le centre Levada, un institut de sondage indépendant, les études indiquent que près de la moitié des Russes contestent les aides gouvernementales attribuées aux Républiques musulmanes du Caucase et expriment leur ressentiment à l'égard des immigrés du Caucase et des anciens pays soviétiques d'Asie centrale.

L'opposition russe se nourrit de ces ressentiments. En décembre 2011, l'une des figures emblématiques de l'opposition, Alexeï Navalny, avait appelé le Kremlin à « cesser de nourrir le Caucase », notamment la Tchétchénie.

Revirement d'opinion

Les militants nationalistes ont soutenu Vladimir Poutine au cours de ses deux premiers mandats de président, de 2000 à 2008, et le chef de l'État russe a régulièrement utilisé la rhétorique nationaliste dans ses discours. Mais à la fin de son second mandat de président, les violences à caractère raciste se sont multipliées. Une centaine d'immigrés ont été tués chaque année entre 2007 et 2009, selon l'institut Sova, qui répertorie les crimes de haine raciale en Russie.

La rupture entre le pouvoir et les nationalistes remonte à 2010, quand un violent affrontement a opposé des milliers de hooligans à la police devant le Kremlin.


Associated Press

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