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04/11/2012 10:46 EST | Actualisé 04/01/2013 05:12 EST

Koweït: sécurité renforcée en prévision d'une manifestation de l'opposition

Le Koweït a renforcé dimanche les mesures de sécurité en prévision d'une manifestation de l'opposition qui a bravé une interdiction des autorités et demandé à ses partisans de défiler pacifiquement.

Des centaines d'agents des forces spéciales et de la police, soutenus par des véhicules blindés, ont été déployés sur deux sites désignés pour la manifestation et ont bloqué les routes y menant.

Mais l'opposition a réitéré les appels à ses partisans de ne pas recourir à la violence même si les forces de sécurité les attaquent.

"Nous resterons pacifiques quel qu'en soit le coût (...). La marche pacifique est un devoir, une promesse et un engagement", ont annoncé les organisateurs sur leur compte Twitter.

Une des figures de l'opposition, Mussallam al-Barrak, a même demandé samedi soir à ses sympathisants de "livrer à la police" ceux qui auraient recours à la violence.

Les ministres des Affaires étrangères de Jordanie et de Koweït ont démenti dimanche à Koweït des informations selon lesquelles le royaume hachémite aurait dépêché des milliers de policiers anti-émeutes au Koweït pour prêter main forte aux autorités de l'émirat.

Le ministère de l'Intérieur, qui a placé samedi toutes ses forces en état d'alerte élevé, a répété à plusieurs reprises qu'il empêcherait la manifestation au besoin par la force. Le quotidien Al-Anbaa a affirmé samedi que les autorités pourraient faire appel à l'armée.

Dans un communiqué publié samedi soir tard, le gouvernement a précisé que le ministère de l'Intérieur n'avait pas délivré d'autorisation pour la manifestation de dimanche, pour laquelle il n'avait pas reçu de demande de la part des organisateurs.

Ces deux dernières semaines, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser plusieurs dizaines de manifestants lors de deux rassemblements, donnant lieu à des heurts dans lesquels plus de 130 protestataires et 16 policiers ont été blessés.

La nouvelle manifestation de l'opposition dimanche devait commencer à 17H00 GMT pour protester contre un amendement à la loi électorale, approuvé le 19 octobre par l'émir et qui pourrait, selon elle, favoriser une manipulation des résultats des élections anticipées, convoquées pour le 1er décembre.

L'opposition, composée d'islamistes, de nationalistes et de libéraux, avait remporté les élections parlementaires de février, mais la cour constitutionnelle a annulé ce scrutin en juin et rétabli l'ancien Parlement favorable au gouvernement.

Les dirigeants de l'opposition insistent sur le fait qu'ils ne veulent pas nuire à la famille régnante des Al-Sabah et ont réaffirmé leur loyauté à l'émir vendredi, tout en lui demandant de nouveau de retirer l'amendement controversé.

oh/tm/sw

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