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04/11/2012 10:26 EST | Actualisé 04/01/2013 05:12 EST

Bute sans convaincre

Lucian Bute n'a pas offert une performance éclatante, samedi au Centre Bell, mais ce fut suffisant pour convaincre les juges et obtenir une victoire aux points face au Russe Denis Grachev.

Un texte de Jean-François Chabot

Bute (31-1-0, 24 K.O.) a récolté une victoire sur des cartes de 115-113, 118-110 et 116-112 au terme d'un combat où Grachev (12-1-1 8 K.-O.) a paru comme le meilleur boxeur. Incrédules, ses hommes de coin ont baissé les bras de dépit à l'annonce de la décision.

La bonne nouvelle est que Bute, nouveau champion NABF des mi-lourds, peut maintenant se permettre de penser à nouveau à Carl Froch. La mauvaise? Lucian n'a sans doute pas fini de se questionner et de répondre à ses détracteurs qui mettront encore en doute sa valeur.

Un round ne fait pas un boxeur, mais samedi soir, le 12e entre Bute et Grachev a valu à lui seul le prix d'entrée.

Lucian Bute a admis qu'il se sentait nerveux avant le combat. « J'étais un peu tendu. Mais les choses se sont quand même bien passées. Je n'ai jamais été inquiet durant le combat. Je bougeais bien et je gardais les yeux sur la cible. »

L'entraîneur Stéphan Larouche a décerné une note de 6 ou 7 sur 10 à son protégé. « Avec le genre de défaite que Lucian a subi en mai, il partait de très loin. J'ai aimé ce que j'ai vu. On a encore du travail à accomplir avant de retrouver Froch en mars. »

Dans son point de presse, Grachev était, on le devine, très amer après cette première défaite. « Je savais que je ne pouvais pas gagner ici sans le mettre K.-O.. Je sais aussi maintenant que je peux battre n'importe qui, n'importe quand. »

« Bute ne peut pas se battre ailleurs qu'à Montréal » a renchéri son gérant Baruch Ferreira.

Le déroulement

Le début du combat a été marqué par la prudence. Si Bute a inscrit les deux premiers rounds dans sa colonne, les coups les plus durs ont été placés par Grachev.

Le Russe a ainsi gagné en confiance. Bute redevenu statique se retrouvait plus souvent qu'à son tour le dos dans les câble subissant la loi de son rival pourtant nettement moins expérimenté. Lentement mais sûrement, Grachev remontait la pente. J'avais les deux hommes à égalité après six rounds.

Au septième, Bute semblait incapable de trouver une réponse à l'énigme que lui pose Grachev. L'ancien champion continuait de subir. La foule incrédule est soudainement devenue silencieuse.

Au round suivant, Grachev atteint Bute qui reste trop longtemps sans réponse. Quand il se met en marche, c'est trop court et trop tard pour renverser la tendance. Le combat demeurait serré, sans encore trop serré au goût de Bute et des 10122 spectateurs présents pour l'encourager.

Les rares attaques de Bute se limitaient à des coups isolés. Au 9e, les combinaisons commençaient à se faire trop rares. La foule n'était plus dans le coup. Grachev semblait plus fort au fur et à mesure que le combat avançait.

Quand arrivèrent les fameux rounds de championnat (11e et 12e) Bute a paru enfin sentir l'urgence. Les coups sortaient mieux, mais Grachev continuait d'avancer comme s'il ne sentait rien.

Au 12e, Bute a ouvert la machine comme il aurait dû le faire un peu plus tôt. Grachev a tout pris et a même trouvé le moyen de répliquer un peu. La foule s'est levée.

Mais était-il déjà trop tard? Il n'est jamais bon, même à la maison de s'en remettre aux juges. Bute vous dira que oui.

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