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03/11/2012 10:22 EDT | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

Syrie: des opposants pour une coalition élargie en vue d'un gouvernement

Des figures de l'opposition syrienne vont proposer, lors d'une réunion cruciale dimanche à Doha, la création d'une nouvelle instance regroupant toutes les tendances politiques ainsi que la création à terme d'un gouvernement en exil.

Cette conférence s'ouvre alors que Washington exerce une forte pression pour que la principale coalition de l'opposition, le Conseil national syrien (CNS), surmonte ses divisions et élargisse sa représentativité.

Elle intervient également au moment où est évoqué la possible création d'un gouvernement en exil avec à sa tête un vétéran de l'opposition, l'ancien député Riad Seif, qui vit hors du pays.

Ce dernier s'est réuni cette semaine en Jordanie avec une vingtaine d'opposants, appartenant ou pas au CNS, dont des représentants des Kurdes, de la gauche et des Frères musulmans, pour "préparer" la conférence de Doha.

Selon le porte-parole de l'ex-Premier ministre Riyad Hijab ayant fait défection et présent à la rencontre d'Amman, Mohammed al-Otri, M. Seif doit présenter à cette occasion une "initiative nationale syrienne" qui "prévoit la création d'un nouvel organe politique de l'opposition qui représente toutes ses composantes".

Cette instance devrait regrouper "les 14 membres du bureau exécutif du CNS, trois du Conseil national kurde, des représentants locaux civils et militaires, des figures historiques de l'opposition et des dignitaires religieux (oulémas)".

"Il reste à déterminer si cet organe remplacera le CNS ou s'il constituera une nouvelle coalition", a noté M. Otri, ajoutant que cela "conduira ensuite certainement à la formation d'un gouvernement".

A Amman, les participants ont également convenu d'apporter "leur soutien à l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) et aux mouvements qui animent la révolution sur le terrain".

Et surtout, ils "posent le départ du (président syrien Bachar al-) Assad et de sa clique comme une condition sine à tout dialogue pour trouver une issue autre que militaire (au conflit), si cela est encore possible".

De son côté, le régime, tout en se disant décidé à en finir avec les rebelles, affirme être en faveur d'un dialogue national mais exclut comme l'a répété samedi le quotidien As-Saoura toute négociation avec le CNS qualifié de conseil "de mercenaires".

Les Frères musulmans syriens, nombreux au sein du CNS, ont annoncé par la voix de leur "numéro deux", Ali Sadr Eddine al-Bayanouni, soutenir "le principe" d'une coalition globale de l'opposition, mais en insistant sur la nécessité de maintenir le CNS et de ne "pas le remplacer par un nouvel organe".

Dans un communiqué, il souhaite aussi une "représentation des conseils militaires et révolutionnaires" au sein de cette nouvelle instance, ainsi qu'une meilleure représentation des différentes régions du pays.

Vendredi, le CNS avait vivement réagi aux propos de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton qui l'avait appelé à s'élargir, l'accusant de chercher à le remodeler pour l'amener à négocier avec le régime.

Washington refuse notamment d'armer les rebelles à cause des divisions de l'opposition.

Le CNS avait dénoncé des projets "visant à passer au-dessus du Conseil ou à créer des instances le remplaçant", les qualifiant de "tentative de nuire à la révolution syrienne en semant les germes de la division".

Interrogé par l'AFP, Georges Sabra, membre du CNS, avait rejeté l'idée d'un gouvernement d'exil.

"A quoi servira un (tel) gouvernement ? Si c'est pour négocier avec le régime, nous n'en voulons pas. Ce gouvernement peut-il ouvrir des ambassades dans les pays occidentaux? Le peuple syrien mérite plus qu'un nouveau groupe d'opposition ou une nouvelle adresse pour la correspondance de l'opposition", avait-il dit.

Selon une ONG syrienne, plus de 36.000 personnes ont péri en Syrie depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire qui s'est militarisée face à la répression.

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