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03/11/2012 08:56 EDT | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

Maintenant que le marathon est annulé, les participants cherchent à s'occuper

NEW YORK, États-Unis - Sue Johnson ne veut plus verser d'argent à la ville de New York. Elle préfère investir ses dollars dans le tarif imposé pour devancer de 24 heures son vol en direction de Pittsburgh, où elle réside, vol qu'elle prendra dimanche au lieu de participer au Marathon de New York.

Plusieurs des marathoniens qui étaient arrivés à New York, de tous les coins de la planète, ont évacué leurs frustrations en courant à vitesse réduite dans Central Park, site d'une ligne d'arrivée qui ne sera jamais franchie. Certains ont tenté de modifier leur horaire de voyage. D'autres ont programmé des visites touristiques pendant ces inattendus moments libres.

Qu'ils venaient d'Europe, d'Amérique du Sud ou d'autres régions du globe, leurs sentiments étaient les mêmes. Ils affichaient de la sympathie pour les victimes de la méga-tempête Sandy. Ils comprenaient aussi pourquoi les responsables ont annulé la course de dimanche. Mais ils étaient amers du fait que la décision ait été prise vendredi plutôt qu'en début de semaine, avant qu'ils ne fassent la longue envolée.

Et certains, comme Mme Johnson, se demandaient si l'annonce de dernière minute n'était pas, en fait, une stratégie des autorités municipales d'attirer les participants à New York afin qu'ils dépensent leur argent dans des commerces locaux.

Selon Mme Johnson, qui venait de compléter une session de jogging, les autorités municipales new-yorkaises ont obtenu le meilleur de deux mondes.

Les marathoniens s'étaient imposés des mois d'entraînement et, dans bon nombre de cas, avaient planifié leurs préparatifs plusieurs années à l'avance et mis de l'argent de côté pour une événement qui coûte des milliers de dollars pour de nombreux participants internationaux.

Diego Pellegrino et son épouse ont décidé, comme prévu, de rester à New York jusqu'à vendredi. Il se voyait faire des randonnées à vélo, du magasinage et profiter des meilleurs restaurants de la ville... après avoir ressenti la joie d'avoir complété son premier marathon à vie.

«Le rêve est brisé», a-t-il laissé tomber.

M. Pellegrino sera néanmoins présent à un événement sportif dimanche midi; au lieu de courir, il effectuera sa première visite au Madison Square Garden, où il encouragera son compatriote argentin Pablo Prigioni, des Knicks de New York, lors de leur match contre les 76ers de Philadelphie.

Par un après-midi ensoleillé mais frisquet, samedi, Central Park ressemblait en tous points à la télégénique arrière-scène qui s'offre aux coureurs qui négocient les derniers kilomètres du célèbre marathon. À l'exception de quelques branches d'arbres jonchant le sol, les coureurs sillonnant les sentiers du mythique parc ne voyaient aucun élément de la violente tempête qui a causé de nombreuses pannes d'électricité et inondations dans la région métropolitaine de New York.

La structure bleue et orange érigée au-dessus de la ligne d'arrivée était demeurée en place, mais personne ne pouvait courir dessous. Des barrières forçaient les gens à y demeurer à quelques mètres. Des joggeurs se sont appuyés sur certaines de ces barrières et se faisaient photographier avec le mot «Finish» en arrière-plan. Plusieurs arboraient des vêtements associés au marathon, souvenirs d'un événement qui n'a jamais eu lieu.

Susan Bourque se trouvait dans son véhicule, à mi-chemin entre Boston et New York, lorsque son père l'a appelée vendredi soir pour lui annoncer que la course avait été annulée. Toujours sur la route, Mme Bourque a commencé à chercher d'autres marathons devant être présentés au cours des deux prochaines semaines, afin de ne pas gaspiller tout son entraînement. Comme par hasard, les responsables de la course devant avoir lieu ce dimanche à Manchester, au New Hampshire, avaient décidé de prolonger la période d'inscription afin d'attirer les malheureux participants du marathon de New York.

Mme Bourque et son mari ont poursuivi leur route parce que leurs deux enfants n'avaient jamais vu la Grosse Pomme. Ils sont arrivés à 21 h 30 et ont eu le temps de visiter l'Empire State Building et Times Square avant de retourner vers la Nouvelle-Angleterre, samedi, comblés que la direction de l'hôtel où ils ont passé la nuit ne les ait pas pénalisés pour leur séjour abrégé.

Francesco Caielli, Mario Di Sabato et Luciano Sala étaient à deux heures d'atterrir à New York vendredi, lorsqu'ils ont vu le message à l'effet que le marathon était annulé, sur les écrans vidéos à l'intérieur de leur avion. Au moins, le périple s'est déroulé sans anicroche; un ami dont le vol initial avait été annulé a quitté son Italie natale en direction de Hong Kong, puis de New York, déterminé à participer au marathon.

Et voilà que la course a été annulée.

Certains participants ont promis ne plus jamais s'inscrire au marathon de New York. Pia Nielsen, qui s'était envolée de Copenhague, a confié que les autorités municipales et responsables de la course devront regagner sa confiance.

Mais Lucy Marquez a déclaré qu'elle reviendrait à New York, même si elle ne pouvait retenir ses larmes à l'idée d'avoir laissé derrière, au Mexique, ses trois enfants, pour prendre part à son premier marathon à vie.

«J'aime New York. C'est le marathon auquel je veux participer.»

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