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03/11/2012 11:46 EDT | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

Bute l'emporte par décision unanime dans un combat peu convaincant

AP
Lucian Bute, of Canada, holds up the belt after defeating Denis Grachev, from Russia, in a unanimous decision in their North American Boxing Federation light heavywieght title boxing match Saturday, Nov. 3, 2012 in Montreal. (AP Photo/The Canadian Press, Ryan Remiorz)

MONTRÉAL - Lucian Bute a peut-être offert la performance la moins inspirée de sa carrière, samedi, face à Denis Grachev. Mais ça a tout de même été suffisant pour l'emporter.

Bute (31-1, 24 K.-O.), l'ex-champion du monde des super moyens de l'IBF, a mis la main sur le titre NABF des mi-lourds devant 10 122 spectateurs en battant Grachev (12-1-1, 8 K.-O.), par décision unanime des juges. Le Montréalais d'origine roumaine a obtenu des pointages de 115-113, 118-110 et 116-112, une décision qui a été plutôt mal accueillie dans le coin Grachev, qui croyait en avoir fait suffisamment pour vaincre Bute.

«Je me sens toujours comme le champion, je crois que j'ai gagné ce combat, a lancé Grachev aux journalistes. J'ai peut-être perdu trois ou quatre rounds, pas plus. Mais nous savions que nous devions arrêter Bute avant la décision: nous n'avions aucune chance de remporter une décision à Montréal.

«Je ne pourrais pas être plus heureux de ma performance même si je l'avais battu, a ajouté Grachev. Les juges ont été injustes.»

Son entraîneur, Baruch Ferreira, a été plus cinglant.

«Les gens disent que vous devez clairement battre le champion pour le battre par décision. Bute n'a pas battu le champion. Si le combat contre Carl Froch n'était pas déjà prévu pour mars ou si ce combat avait eu lieu aux États-Unis, il y a aucune chance que Bute l'emporte par décision. Le gars a passé son temps à reculer dans les câbles et à se faire frapper», a analysé l'entraîneur, qui a précisé avoir toujours du respect pour Bute, mais pas pour les juges de ce combat.

Stéphan Larouche, l'entraîneur de Bute, avait un autre son de cloche.

«Quand ils vont revoir le combat, ils vont être moins fâchés.»

D'ailleurs, Bute était plutôt satisfait de sa performance quand il a rencontré les journalistes.

«C'était tout un combat, je suis content de ma performance de ce soir. Ce n'était pas facile. Ce n'était pas facile après ma défaite contre (Carl) Froch. C'était un bon combat contre un bon adversaire, très résistant.

«Le début du combat n'a pas été facile. Je ressentais toute la pression de revenir à Montréal. Mais j'avais besoin de cette expérience de 12 rounds.»

Bute a tardé à lancer des attaques explosives. En fait, il n'a presque pas effectué de combinaisons avant le 12e assaut, de loin son meilleur. C'est d'ailleurs cette absence de combinaison et la hargne de Grachev, nettement le plus entreprenant des deux boxeurs dans ce combat, qui ont un peu assommé les spectateurs, qui n'ont presque pas réagi du combat.

«Ce n'était pas la meilleure performance de Lucian, mais il a été conscient tout au long du combat, a pour sa part expliqué Larouche. Vous l'avez vu aller dans les câbles, bouger la tête, accrocher quand ça a été le temps d'accrocher. Il s'est fait cogner dur ce soir. J'avais averti Lucian: Grachev est un gars qui a reçu toutes sortes de coups avec toutes les parties du corps, c'est un ex-champion de kickboxing. Alors on savait que l'uppercut au corps ne ferait pas autant de dégâts que d'habitude.

«Mais surtout, tout au long de la soirée, Lucian ne s'est jamais senti fatigué. Je l'ai senti calme tout au long du combat. Même après des rounds plus durs, son langage corporel était bon.»

Bute estime d'ailleurs n'avoir été touché solidement qu'en quelques occasions, la première fois «vers le troisième ou quatrième, avec sa droite».

Néanmoins, même si un peu tout le monde dans le clan Bute s'est dit satisfait de ce combat, ça ne paraissait pas tellement sur le podium devant les médias.

«On ne peut pas sauter au plafond, a admis Larouche. C'a été un combat difficile. Lucian a travaillé fort. Il s'est fait cogner, il a reçu un coup de tête. Ses coups de poings n'ont pas sorti comme on aurait voulu qu'ils sortent tout le temps. Mais il a trouvé le moyen de gagner. Il a été meilleur que l'autre. Il a touché plus durement la cible.

«Mais on est du monde réaliste: on n'est pas le genre à se péter les bretelles pour rien.»

Maintenant, Bute et le clan InterBox — qui respire mieux, aux dires de son président Jean Bédard — sont résolument tournés vers Carl Froch.

«Il faut s'asseoir et regarder l'issue du combat de Froch contre (Yussef) Mack, le 17 novembre, a dit Bédard, mais c'est certain que c'est là qu'on s'en va. C'est pourquoi Lucian est de retour.»