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03/11/2012 06:29 EDT | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

L'ONU dit avoir été entravée par Karthoum dans son travail au Darfour

LE CAIRE, Égypte - La force internationale de maintien de la paix dans la région du Darfour, au Soudan, a annoncé samedi que ses troupes étaient bloquées par l'armée et ne pouvaient donc pas se rendre à l'endroit d'une attaque alléguée qui aurait fait dix morts.

La force de maintien de la paix formée de troupes onusiennes et de l'Union africaine, l'UNAMID, a indiqué par voie de communiqué que des personnes en pleurs avaient apporté samedi les corps de dix personnes prétendument tuées lors d'une attaque, vendredi, aux portes de ses quartiers généraux au Darfour. L'armée soudanaise a bloqué le convoi de l'UNAMID, l'empêchant de se rendre dans la région en question pour obtenir plus d'informations sur l'incident, a-t-on précisé.

L'attaque présumée de vendredi aurait eu lieu dans le village de Sigili, dans la région de Shawa, dans l'État du Darfour du Nord. Des centaines de personnes ont défilé samedi à travers la capitale de l'État, El-Fasher, pour dénoncer l'incident.

L'identité des coupables n'est pas connue. Le gouvernement soudanais affronte des groupes rebelles au Darfour depuis 2003. Plus de 300 000 personnes ont été tuées dans ce conflit depuis que des rebelles se sont soulevés contre le gouvernement central, l'accusant de discrimination et de négligence. La violence a diminué, mais des escarmouches se poursuivent, et les troupes internationales demeurent ciblées.

Le mois dernier, l'agence onusienne des droits de la personne a demandé à ce que le Soudan enquête sur la mort de cinq casques bleus de l'ONU, dont quatre ont été tués lors d'une embuscade alors qu'ils allaient enquêter sur le massacre de 70 civils. Les quatre morts étaient des casques bleus nigérians qui se sont retrouvés sous le feu de mortiers et d'armes automatiques dans la région du Darfour Occidental à la fin du mois d'octobre. Un autre casque bleu onusien a été tué le même mois lors d'un incident séparé.

Pendant ce temps, le Soudan a critiqué le renouvellement récent de sanctions américaines, les qualifiant de nuisibles pour le peuple soudanais, et de tentative d'obstruction à «la lutte contre la pauvreté et le chômage».

«Ces sanctions ont toujours favorisé les rebelles et servent à augmenter la pression sur le gouvernement soudanais... et à obtenir plus de concessions politiques de la part du Soudan, particulièrement dans les domaines d'hégémonie américaine dans la région», indiquait vendredi un communiqué émis par le ministère soudanais des Affaires étrangères.

Les États-Unis ont imposé des sanctions économiques, commerciales et financières contre le Soudan en 1997, se basant sur l'appui du gouvernement envers le terrorisme, incluant son accueil à Khartoum du fondateur d'al-Qaïda, Oussama Ben Laden, au milieu des années 1990.

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