NOUVELLES
03/11/2012 05:25 EDT | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

L'église copte d'Egypte remet à un enfant le choix de son patriarche

L'église copte orthodoxe d'Egypte s'en remet dimanche à un enfant pour tirer au sort son 118ème patriarche parmi trois postulants, une procédure censée traduire un choix divin, réglée par un protocole solennel.

Ce temps fort de la vie de la plus importante communauté chrétienne du Moyen-Orient se déroulera à la cathédrale Saint-Marc du Caire, siège de cette église dont le chef Chenouda III s'est éteint en mars dernier à 88 ans.

Les règles de succession ont changé un grand nombre de fois dans la longue histoire de cette église, qui revendique sa fondation au tout début de l'ère chrétienne par Saint Marc à Alexandrie (nord).

Le choix final confié à un enfant "a eu lieu par le passé, s'est interrompu, et a repris en 1957", date à laquelle la procédure a été codifiée et mise en oeuvre à deux reprises (Cyrille VI en 1959 et Chenouda III en 1971), a expliqué à l'AFP l'évêque Morcos de Choubra el-Kheima, au nord du Caire.

Le processus actuel prévoit une pré-sélection de trois candidats par un vote à bulletin secret parmi un conseil de près de 2.500 personnes, membres du clergé et fidèles laïques.

Ces candidats pré-sélectionnés lundi dernier sont deux évêques -Raphaël, 54 ans, du Caire, et Tawadros, 60 ans, de Beheira (delta du Nil)- et un moine, le père Raphaël Ava Mina, 70 ans.

Le choix final sera laissé à un garçonnet lors de la cérémonie de dimanche, surnommée le "tirage au sort de l'autel".

L'enfant doit impérativement être de sexe masculin, et avoir entre cinq et huit ans, a expliqué à la presse Mgr Pola, évêque de Tanta (delta du Nil).

"Beaucoup de familles soumettent des noms d'enfants, c'est pourquoi nous devons poser des critères précis, et nous assurer de la fidélité de la famille et de l'enfant envers l'Eglise", a déclaré l'évêque.

De fait, des dizaines de parents se sont présentés à la cathédrale pour déposer un dossier. "Je prie pour que mon fils George soit choisi pour appliquer la volonté de Dieu", affirme une maman, Merihan Moros.

Samedi en fin de journée, l'actuel chef par intérim de l'église, l'évêque Pachomius, sélectionnera douze noms d'enfants qui seront invités à la cérémonie religieuse.

Dimanche, il invitera l'un d'entre eux, qui aura les yeux bandés, à choisir parmi les trois bulletins se trouvant dans une boîte transparente.

Le nom figurant sur le papier choisi sera celui du 118ème "pape d'Alexandrie, patriarche de toute l'Afrique et du trône de Saint-Marc".

Toutes les garanties seront apportées pour que la procédure ne souffre pas de contestation, a assuré l'évêque Pola. Tout le processus, a-t-il ajouté, se déroulera sous le regard de l'audience et des caméras de télévision.

L'église s'attend à une affluence massive à la cathédrale du Caire pour cet événement. "Je tiens absolument à assister à cet événement, qui arrive rarement dans une vie", affirme un fidèle, Bichoy Stefanos.

Malgré la dévotion et la mobilisation populaire attendues, certains jugent la procédure dépassée, et souhaiteraient qu'une révision des règles de 1957 permette un mode de désignation plus démocratique.

"Le tirage au sort ne représente pas la volonté de Dieu. Cette volonté doit émaner du peuple des fidèles, qui devraient voter après avoir prié et jeûné", estime l'intellectuel copte Gamal Asaad.

Cette succession survient à un moment délicat pour les Coptes, qui représentent 6 à 10% des 83 millions d'Egyptiens, inquiets face à la montée de l'islamisme depuis la chute l'an dernier du président Hosni Moubarak, et la multiplication des heurts interconfessionnels.

Outre son rôle spirituel, le prochain patriarche sera le principal interlocuteur des chrétiens d'Egypte face au pouvoir aujourd'hui dominé par les Frères musulmans.

Selon la presse égyptienne, le président Mohamed Morsi, issu de la confrérie islamiste, a été invité par l'église à assister à la cérémonie d'intronisation du patriarche, qui aura lieu le 18 novembre.

ht-cr/vl

PLUS:afp