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03/11/2012 10:43 EDT | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

La présidentielle après Sandy: des camions militaires comme bureaux de vote

Des camions de l'armée vont être transformés en bureaux de vote mardi pour l'élection présidentielle américaine dans les zones les plus touchées par l'ouragan Sandy, notamment dans le New Jersey (est) où le manque d'électricité et les dégâts compliquent l'organisation du scrutin.

Les autorités du New Jersey, où plus d'un million de personnes sont toujours privées de courant, et celles de New York ne savent pas encore combien de bureaux pourront être ouverts pour ce scrutin qui opposera Barack Obama et son rival républicain Mitt Romney. Certains craignent des retards dans le décompte des voix.

Sandy "est capable de provoquer un certain chaos" dans les opérations de vote, estime Costas Panagopoulos, professeur de sciences politiques et spécialiste des campagnes électorales américaines à l'université Fordham de New York.

Dans le New Jersey, 3.000 locaux qui devaient servir à la présidentielle, ainsi qu'aux élections législatives et locales qui se passent en même temps, n'ont plus de courant.

La secrétaire d'Etat du New Jersey, Kim Guadagno, explique que les électeurs vont trouver "un camion de l'armée avec un garde national à leur disposition et un grand panneau disant: votez ici".

On glissera dans l'urne des bulletins en papier là où les coupures de courant ne permettront pas d'utiliser des machines à voter. Un vote "à l'ancienne", selon le gouverneur du New Jersey Chris Christie.

Les Etats du New Jersey et de New York ont par ailleurs prolongé les délais pour le vote par correspondance. Dans le New Jersey, on l'acceptera jusqu'au jour du scrutin et à New York jusqu'au 19 novembre. Le Connecticut (nord-est) a aussi prolongé les délais pour s'inscrire sur les listes électorales.

Sandy va peut-être obliger à changer la localisation des bureaux de vote à New York, indique John Conklin, porte-parole de la commission électorale de New York. Dans les zones les plus affectées, on vérifie "que les bureaux sont accessibles au public, qu'ils ont du courant, que les gens n'auront pas de difficultés pour y arriver".

Autres solutions de fortune: des centres de vote regroupant plusieurs secteurs ou encore des tentes, comme dans le Queens où un gigantesque incendie a détruit tout un quartier.

Pour M. Panagopoulos, Sandy suscite beaucoup d'interrogations sur l'élection et pourrait retarder l'annonce du résultat final.

Les Etats de New York et du New Jersey sont considérés comme acquis au démocrate sortant Barack Obama mais on ne pourra pas annoncer le résultat avant la fin du dépouillement.

"Il faudra se dépêcher et les autorités locales qui s'occupaient des conséquences de l'ouragan vont maintenant devoir porter leur attention sur les problèmes que pose le scrutin", explique-t-il. Il est possible que les coupures de courant et d'autres difficultés dues à Sandy "entraînent des inexactitudes dans le décompte des voix".

"Si le résultat du scrutin est aussi serré qu'on le prévoit, ça aura une impact, ça pourrait retarder l'annonce du résultat de la présidentielle", conclut M. Panagopoulous.

Donna Liebmeran, présidente de l'Union pour les libertés civiques de New York, craint que certains électeurs des régions dévastées par Sandy ne puissent pas voter. "Pour l'instant leur principal souci c'est de trouver de la nourriture et un abri mais ils ont le droit de voter et il faut tout faire pour leur garantir ce droit".

Même si on allonge les délais, "nous craignons que le système ne soit pas assez souple pour que le maximum de gens puissent exprimer leur suffrage", dit-elle. "Nous avons déjà des problèmes quand le scrutin est facile à organiser, donc nous aurons des problèmes encore plus grands pour une élection difficile".

Le maire de New York, Michael Bloomberg, affirme que l'élection aura lieu coûte que coûte. "Ce serait vraiment dommage que quelques bureaucrates fassent tout capoter, j'espère que ça n'arrivera pas", a-t-il lancé.

tw/avz/sam

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