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03/11/2012 02:53 EDT | Actualisé 03/01/2013 05:12 EST

J-3: Mitt Romney joue son va-tout pour conquérir des Etats-clé

Mitt Romney jouait son va-tout samedi dans une série d'Etats-clé, alors que la carte électorale américaine semblait encore ardue à conquérir pour le candidat républicain, trois jours avant l'élection qui l'opposera au président sortant Barack Obama.

Sur la piste de l'aéroport de Dubuque dans l'Iowa (centre) comme plus tôt dans le New Hampshire (nord-est), l'ancien gouverneur du Massachusetts, à la recherche des voix centristes, a promis de collaborer avec l'opposition en cas de victoire.

Mais M. Romney, qui semblait moins énergique que ces derniers jours, s'est aussi élevé contre une expression utilisée la veille par M. Obama dans l'Ohio (nord), l'épicentre de la bataille des Etats-clé pour la présidentielle de mardi.

Vendredi à Springfield, le président, après que la foule eut hué le nom de M. Romney, avait enchaîné par sa phrase habituelle: "ne huez pas, votez!". Mais il avait ajouté dans la foulée: "voter est la meilleure vengeance", une tournure qu'il n'avait jusqu'alors pas employée et qu'il n'a plus utilisée depuis.

"Hier, le président a dit quelque chose que vous pourriez avoir déjà entendu, que je trouve troublant", a expliqué M. Romney. "Il demande à ses partisans de voter pour une vengeance, je vous demande de voter pour l'amour du pays", a-t-il ajouté à Dubuque.

La porte-parole de la campagne démocrate, Jennifer Psaki, a expliqué que M. Obama avait voulu réagir aux "tentatives d'intimidation" auxquelles M. Romney a eu recours selon elle, dans une publicité où il affirmait que des constructeurs automobiles américains sauvés grâce à l'argent du contribuable allaient délocaliser leur production en Chine.

Coïncidence, M. Obama, engagé comme son adversaire dans une course sans aucun temps mort qui limite les repos nocturnes à une poignée d'heures, devait lui aussi participer samedi à une réunion publique à Dubuque, ville de 57.000 habitants séparée de l'Etat-clé du Wisconsin (nord) par le fleuve Mississippi.

Mais la route de la Maison Blanche passe surtout par l'Ohio, où M. Obama a entamé sa tournée samedi matin après y avoir passé toute la journée de vendredi, cherchant à empêcher son adversaire d'y prendre l'ascendant.

"Je comprends que l'Ohio soit un peu difficile (à conquérir) pour le gouverneur Romney, parce qu'il était contre le sauvetage du secteur automobile américain", a lancé samedi le président sortant à Mentor, près de Cleveland. L'Ohio, arrière-cour de Detroit, compte de nombreuses entreprises de sous-traitance automobile. Il a une nouvelle fois rejeté l'idée que M. Romney représente "le vrai changement" dont ce dernier se fait l'apôtre depuis quelques jours.

Dans un système de suffrage universel indirect décompté Etat par Etat, les territoires pouvant basculer d'un côté ou de l'autre sont courtisés par les deux camps. L'Ohio est considéré comme le plus décisif: aucun républicain n'a réussi à s'installer à la Maison Blanche sans le remporter.

Or, sur les dix derniers sondages sur l'Ohio, aucun ne donne l'avantage à M. Romney, qui accuse près de trois points de retard sur le président selon la moyenne du site RealClearPolitics.

Mais M. Obama ne laisse rien au hasard: il reviendra dimanche et lundi dans l'Ohio, conscient du fait que s'il barre la route à son adversaire, ce dernier devra remporter quasiment tous les autres Etats-clé.

Le Colorado (ouest) où M. Romney effectuera deux étapes samedi après-midi paraît sourire au républicain, mais une victoire ne servirait à rien s'il ne parvenait pas à prendre l'ascendant sur M. Obama dans le Wisconsin et le Nevada (ouest) où il est aussi en retrait, et même s'il conquiert la Floride (sud-est) et la Virginie (est) à l'autre bout du pays.

Passé avant Dubuque par Milwaukee (Wisconsin), M. Obama conclura sa journée par une grande réunion nocturne à Bristow en Virginie, dans un amphithéâtre de 25.000 places, au côté de son prédécesseur démocrate Bill Clinton qui se démène sur le terrain en sa faveur: 26 réunions publiques depuis début septembre, et 11 de plus prévues d'ici à lundi.

Les démocrates ont affiché leur confiance ces derniers jours. Les républicains ont quant à eux mis en avant "l'élan" qui leur permettrait de reconquérir l'exécutif de la première puissance mondiale.

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